Le rendez-vous des anciens et amis de la Force Navale - Het rendezvous van de oudgedienden en vrienden van de Zeemacht
 
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 La Misère au Borinage (1932) de Henri Storck et Joris Ivens

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olivier
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MessageSujet: La Misère au Borinage (1932) de Henri Storck et Joris Ivens   Lun 9 Jan 2012 - 15:29

La Misère au Borinage (1932)
Misère au Borinage est un film belge tourné en 1932 par Henri Storck et Joris Ivens. Ce documentaire militant explore la misère des mineurs, la sauvagerie de l'exploitation ouvrière au Borinage, les conditions de vie difficiles des ouvriers de la houille, leurs maladies physiques, etc... http://de.labournet.tv/video/5957/misere-au-borinage



Citation :
Entretien avec Henri Storck

Misère au Borinage est né d'une commande du Club de l'Ecran de Bruxelles. André Thirifays avait lu une brochure: Comment on crève de faim au Levant de Mons (nom d'un charbonnage). Je me suis rendu sur les lieux, j' ai commencé une enquête mais je me suis rapidement rendu compte que je connaissais mal ce milieu des ouvriers grévistes, des militants ardents, or Ivens m'avait parlé de ses expériences de son film Komsomol, de ses discussions avec les syndicats soviétiques, je savais qu'il serait enthousiasmé à l'idée de travailler sur un film de ce type-là, en toute liberté. Il m'avait raconté que pour Philips il n'avait pas pu pénétrer dans la vie des ouvriers mais seulement à l'intérieur de l'usine; ici il pouvait travailler chez les ouvriers mais nous ne pouvions pas entrer dans les charbonnages, c'était l'inverse.
Il avait l'expérience du monde ouvrier; il a accepté ma proposition et nous avons travaillé dans la plus parfaite harmonie filmant ce que nous voyions; nous n'étions pas seuls, nous étions en quelque sorte les techniciens du film, les capteurs d'images. Nous étions guidés par Paul Hennebert du Secours Ouvrier International qui avait écrit la brochure Les avocats du Secours Rouge et les ouvriers qui étaient les victimes punies par les charbonnages pour avoir fait la grève l'année précédente.
Le grand mérite de cette collaboration entre Ivens et moi c'est la stimulation, on avait le même appareil, une Kinamo chacun, parfois un cameraman pour les deux ou trois scènes qui demandaient un peu plus de soin (nous tournions quasi sans argent). Au départ, je pensais faire un film axé sur la misère; Ivens l'a élargi aux problèmes du temps, à la crise internationale... c'était en 1933.
Cette dimension a permis au film d'avoir une carrière internationale et de lui donner une plus grande signification. (...)
Le film a été très important pour nous deux. Pour Ivens, un changement de cap à 180°, comme il l'a dit souvent. C'est après Borinage qu'il a fait des films de plus en plus engagés. Il avait été en fait violemment critiqué pour ce film par la critique néerlandaise et s'était senti rejeté et indésirable dans son pays, à cause de ses opinions.

Vous aviez le même âge?

Non, il avait neuf ans de plus que moi. C'était l'aîné, un aîné prestigieux qui était auréolé de son amitié avec Eisenstein et avec Poudovkine. Il avait déjà une grande carrière derrière lui; Zuyderzee, Philips, Komsomol, ses premiers films comme Le pont et La pluie, des oeuvres importantes. Moi, j'avais une quinzaine de films à mon actif, mais souvent des films expérimentaux, des moyens métrages poétiques et surtout moins engagés.

source : http://www.fondshenristorck.be/index.php?option=com_content&task=view&id=22&Itemid=46&limit=1&limitstart=2

et 66 ans plus tard toujours dans le Borinage...

Les Enfants du Borinage (lettre à Henry Storck)
En 1933, Henry Storck et Joris Ivens avaient réalisé un documentaire (La Misère au Borinage) dénonçant les conditions de vie des mineurs de cette région du Hainaut en Belgique. 66 ans plus tard, Patric Jean, qui y est né, revient filmer ces conditions qui sont à peine améliorées par les aides sociales.

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Citation :
Nous voici en 1998. Patric Jean, originaire de Quaregnon, a été marqué par Misère au Borinage, le film tourné dans la région, par Henri Storck, en 1933. Ce film retrace la vie des ouvriers mineurs qui, à l'époque, représentaient la majorité de la population, et décrit avec beaucoup de réalisme leurs pénibles conditions d'existence. De retour dans son Borinage natal, Patric Jean constate que peu de choses ont changé Il décide d'écrire une Lettre à Henri Storck, Les Enfants du Borinage. Mr Storck a tout juste le temps d'en prendre connaissance, il décède quelques semaines plus tard.

C'est dans la salle du Plaza de Mons que le film a été présenté au public régional pour la première fois, le 24 septembre 1999. La caméra pénètre à l'intérieur d'un taudis dans lequel vivent une mère et ses quatre enfants... les spectateurs ne peuvent retenir un murmure d'effroi. Cela se passe près de chez nous. Nous découvrons des êtres humains, assistés pécuniairement par les CPAS, mais abandonnés par les structures qui devraient leur permettre d'apprendre à lire, et à gérer leur vie quotidienne, ils vivent, isolés de tout contact avec les autres citoyens.

Malgré cent ans de gestion "socialiste", les exclus du régime, qui ne sont plus les travailleurs du fonds de la mine, mais les minimexés, les sans emploi, sont toujours là. Cette misère se transmet de génération en génération. Les enfants sont directement dirigés vers des écoles d'enseignement dit spécial, dont les professeurs, nullement motivés, se contentent d'assurer un minimum de gardiennage. Les assistants sociaux restent assis derrière leurs bureaux, au lieu de se trouver sur le terrain. Un adulte d'une trentaine d'années, passé par cet "enseignement" spécial, conscient de l'impasse vers laquelle il a été conduit apparaît à l'écran. Il nous explique que faute d'instruction élémentaire, il ne sait ni lire, ni écrire...


Patric nous interroge sur la cause de l'existence de ces exclus, à l'aube du vingt et unième siècle. Les politiciens au pouvoir dans la région sont-ils incapables de réagir aux problèmes posés.

C'est avec beaucoup de talent que Patric Jean nous explique qu'il ne s'agit pas d'une incapacité, ni d'une démission, mais d'une volonté. En conservant un sous-prolétariat qui n'a pas bénéficié de l'instruction à laquelle il a droit en tant que citoyen, les barons rouges disposent d'un électorat taillable et corvéable à leur merci. Quelques lettres de soi-disant interventions pour l'obtention d'une maison, ou d'un emploi, courrier, qui, de plus, bénéficie de la franchise postale payée par la collectivité, assurent un contingent de voix non négligeable. D'accord pour le suffrage universel, pourvu qu'il soit manipulé. Les dimanches d'élection, les camarades candidats organisent des ramassages d'électeurs.

Après avoir brossé un portrait de tous ces gens abandonnés dans leur quart monde, Patric Jean interroge deux Bourgmestres directement concernés. André Col, premier citoyen de Quaregnon est tellement fier de rappeler les cents ans de gestion socialiste qu'il trône devant la Charte de Quaregnon, en annonçant qu'il n'y a plus de pauvres dans le Borinage, mais bien des assistés. Le public est à peine remis de cette intervention que l'on pourrait, à la rigueur, qualifier de candide, qu'il reçoit en pleine gueule, celle cynique du Mayeur de Colfontaine, Yvon Biefnot : J'ai beaucoup voyagé, et j'ai vu des bidonvilles, des taudis, au Caire, à Casablanca ou ailleurs. Mais là les gens sourient. Les enfants jouent avec des ballons. Les filles se tressent les cheveux. Et ici, on tire la gueule !!! Cette intervention déclenche la réprobation bruyante de toute la salle. À tel point que l'orateur suivant, qui n'est autre que Maurice Lafosse, dont tous attendaient avec impatience l'intervention, voit ses propos couverts par le chahut de la salle. Il paraît que l'on n'aurait rien perdu, Maurice ayant été moins bon que de coutume. Solidarité et hiérarchie socialiste oblige, on a beau être Bourgmestre de la Ville de Mons, il convient de laisser la vedette au Président du Parlement wallon.

Interrogé après le film quant aux réactions éventuelles des politiciens mis en vedette, Patric Jean tient clairement le discours suivant : Ils ont été invités à la première, il savent ce qu'ils sont dans le film, mais ils ne sont pas venus. Je pense que les extraits choisis sont représentatifs de ce qu'ils m'ont dit. S'ils pensent que j'ai trahi leur pensée, je les invite à m'attaquer en Justice. On regardera ensemble les rushes, on y trouve encore des choses plus intéressantes. Le problème n'est pas financier, c'est un question de choix de société. Une minorité s'enrichit au-delà de toute mesure pendant qu'une majorité croissante rencontre la misère. On nous a éduqués dans un système idéologique qui nous fait croire que nous avons le choix entre un communisme de style URSS, ou un capitalisme total. Or, c'est faux, on peut développer un autre type de société. Encore, faut-il le vouloir...

Il est évident que cette manière d'agir pour conserver précieusement ses fidèles électeurs, n'est pas l'apanage des Maisons du Peuple. Du côté de la charité chrétienne organisée dans les églises et dans les cercles catholiques, on a aussi, telles les dames patronnesses, chères à Jacques Brel ses pauvres à soi.

Source: http://libertaire.pagesperso-orange.fr/archive/99/222-nov/borinage.htm

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olivier

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Charly
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MessageSujet: Re: La Misère au Borinage (1932) de Henri Storck et Joris Ivens   Lun 9 Jan 2012 - 16:15

Salut Olivier,
Bravo pour ta trouvaille.
A montrer très largement et de toute urgence à certains de nos pauvres ados qui sont "mal dans leur peau".
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MIKE
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MessageSujet: Re: La Misère au Borinage (1932) de Henri Storck et Joris Ivens   Lun 9 Jan 2012 - 16:15

SALUT
mon pére a tourné des films documentaires avec henri storck aprés guerre comme
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Jean-Claude
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MessageSujet: Re: La Misère au Borinage (1932) de Henri Storck et Joris Ivens   Lun 9 Jan 2012 - 17:10

Ouf, des souvenirs .......

Début des années 50, je me souviens d'aller sur la cour de la fosse du Mambourg ( Au Faubourg - Charleroi Nord), la rue qui bordait ce charbonnage était bordée de café........, j'y allais très souvent rechercher mon grand-père Joseph au bistrot Smilie 53 accordeon ou petit enfant que j'étais , impressionné par ces gueules noirs, ces yeux et dents toutes blanches. j'avais de suite des chocolats à la crème de la marque Jacques, ou il y avait une belle image pour nos cahiers scolaire.
Ce chocolat était la récompense de ne pas avoir eu peur de ces gueules noires.
Merci Olivier pour cette trouvaille
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VALKIRI
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MessageSujet: Re: La Misère au Borinage (1932) de Henri Storck et Joris Ivens   Lun 9 Jan 2012 - 18:09

L O Je viens de voir les 2 docus;surtout la 2ème quelle triste condition de vie(1998/99 année de la 2ème vidéo)cela me rappelle lorsque j'étais a l’école maternelle et primaire pendant la guerre(à Chatelet) un certain nombre de gamins étaient dans les mêmes situations,comme je vois très peu de choses ont
changés. Pauvre région.
Salut

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MessageSujet: Re: La Misère au Borinage (1932) de Henri Storck et Joris Ivens   

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