Le rendez-vous des anciens et amis de la Force Navale - Het rendezvous van de oudgedienden en vrienden van de Zeemacht
 
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 la Minerve

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SCHOETERS CHRISTIAN
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MessageSujet: la Minerve   Ven 26 Jan 2018 - 7:45

Salut a tous
On parle du sous marin argentin disparu
Mais ce samedi nous commémorons(Amicale des anciens de la marine de Ath) avec nos amis Francais la disparition corps et bien de la "MINERVE"

La Minerve



La Minerve est un sous-marin français de 800 tonnes de types Daphné. Il qui a coulé au large de Toulon, au sud-est du cap Sicié, le 27 janvier 1968 avec 52 hommes à bord.



Il rodait dans le secteur T-65 afin d'effectuer des exercices avec un Breguet Atlantic. Le dernier message envoyé par le sous-marin était vers 8h du matin alors qu'il naviguait à environ 25 milles marins de la base de Toulon. Il informa son avion d'accompagnement qu'il serait à son poste d'amarrage dans une heure environ. Il a ensuite été perdu dans les eaux entre 1000 et 2000 mètres de profondeur.
Au moment de la perte du contact radio, l'avion situait le sous-marin en dehors du secteur T-65 et dans le sud-est de celui-ci.

Les circonstances et les causes qui auraient fait sombrer ce sous-marin restent inconnues à ce jour.
Des hypothèses comme les mauvaises conditions météorologiques ont été avancées, mais cela n'explique rien.

Comment expliquer qu'un sous-marin d'une envergure telle que la Minerve se soit volatilisé dans des eaux si peu profondes ?

De nombreux débris recueillis en mer ne purent être identifiés comme appartenant au sous-marin. La campagne REMINER (qui consistait à retrouver des traces du Minerve) se déroula entre septembre 1968 et octobre 1969 à l'aide du bâtiment hydrographe " La Recherche " et du bathyscaphe " Archimède " mais ne permettra pas de localiser l'épave. Une autre opération eut lieu en 1970, utilisant un traîneau sous-marin baptisé troïka mais se soldera par un échec.
Malgré les recherches entreprises, notamment avec la soucoupe plongeante du commandant Cousteau, on ne trouva rien de plus que l'épave d'un cargo.
Plus tard, un nouvel écho est reçu par sonar et localisé à 1,8 km au nord-ouest du premier, sans que l'on découvre quoi que ce soit. Les recherches durent en tout 5 jours et la marine nationale s'était complètement mobilisée.

Le contre-amiral Storelli, commandant des forces sous-marines confirma à l'époque que la marine nationale ne possédait aucun élément nouveau et qu'elle était dans l'ignorance absolue de ce qui a pu se passer étant donné la qualité des hommes, hors de tout reproche, et du matériel.

Dans les années 80, une épave disloquée a été repérée dans le secteur 65 par des moyens magnétiques américains et photographiée, mais elle n'a pu être formellement identifiée.

A noter que la Minerve avait été vérifiée comme cela se pratique à chaque changement de commandant et il était en parfait état.
Le Commandant Philipe Bouillot a également indiqué plus tard que le nouveau commandant de la Minerve, le Lieutenant André Fauve avaient passé plus de 7 000 heures en immersion durant ces 4 dernières années avec ce sous-marin et n'avait jamais connu le moindre problème.

Comme différentes hypothèses il y a la collision, la voie d'eau, la noyade via le schnorchel, l'avarie de l'appareil à gouverner, l'explosion interne, le tir de torpille, la secousse sismique, l'échouage,.... ou même le manque de formation du personnel ne sachant pas gérer un incident à bord, sachant qu'il n'y avait pas de simulateur à l'époque. Hypothèse dont je doute personnellement.
Certains ont évoqué la piste d'un éventuel enlèvement par une entité Extraterrestre ou Intra terrestre…
D'autres ont même émis l'idée d'un voyage vers une autre dimension (il aurait pu être capturé par un vortex). Vu que le sous-marin semble s'être évaporé sans laisser de traces, alors que les eaux ne sont pas aussi profondes que l'Atlantique ou la Pacifique. Il aurait ainsi pu rejoindre un autre espace-temps.

Beaucoup ont parlé de photographie de l'épave de la Minerve mais après des recherches et de témoignages de proches de victimes, mais on n'en a pas connaissance.


Hommage du président De Gaulle à l'époque
:

" Des Marins sont morts en mer. Ils étaient volontaires, c'est-à-dire qu'ils avaient d'avance accepté le sacrifice et qu'ils avaient fait un pacte avec le danger.
C'est pour cela en particulier que le sous-marin Minerve a laissé au cœur de la France tout entière un souvenir profond, et à ses armées un exemple qui durera.
Au nom de la Patrie, je salue leur mémoire et je suis sûr que ce qu'ils ont voulu faire et ce qu'ils ont fait resteront pour notre France quelque chose de fort, comme ils l'avaient voulu. Vive la France ".
Charles de Gaulle, 8 février 1968.




Sous-marin Minerve son équipage





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VALKIRI
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MessageSujet: Re: la Minerve   Ven 26 Jan 2018 - 10:51

L O Quelques années plus tard l'Eurydice subissait le même sort.
Il fut notre "navire hôte" durant le séjour à Toulon  du M 908 Truffaut en 1966.
"ces hommes qui avaient accepté volontairement le danger pour le bien de tous et qui ne peuvent être morts en vain" (extrait de l'homélie de l’évêque de Toulon)

Un peu d'histoire lors de la cérémonie à la mémoire du Minerve :[size=undefined]Dans le secteur 65 ou disparut la Minerve, l'Eurydice commandé par le lieutenant de vaisseau Gérard Moulineud, descend à 40 m. Pendant l'immersion, le général de Gaulle partage dans le minuscule carré le repas des officiers. Il se fait raconter la vie quotidienne des sous-mariniers, leurs problèmes, leurs occupations.le capitaine de vaisseau Pierre Emeury, commandant de la 1ere escadrille des sous-marins, luit fait un "amphi" sur la technique de plongée. Lorsque l'Eurydice fait surface, le capitaine de vaisseau Flohic, aide de camp du président de la République, a jeté dans les vagues, tombeau des marins engloutis, une couronne de rose et d’œillets cravatée de tricolore. A 13H32 l'Eurydice est de retour au port.
Très étrange.


[/size]

_________________
Dans la vie il y a trois routes
L'estime:l'idéal que l'on poursuit
La route vraie:la vie réelle de tous les jours
La route sur le fond:c'est le destin

---> voir ma présentation

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SCHOETERS CHRISTIAN
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MessageSujet: Re: la Minerve   Ven 26 Jan 2018 - 15:58

tout a fait juste "Valky"
l'Eurydice deux ans après

Les deux sous-marins français se sont évaporés au fond de la Méditerranée avec leurs équipages.
Le drame du « Koursk » fait resurgir dans les mémoires les deux disparitions qui ont endeuillé la marine française et des dizaines de familles, voici maintenant plus de trente ans. Au bout de si longues années, les proches de 109 sous-mariniers disparus mystérieusement ne savent toujours pas dans quelles conditions la « Minerve » et l' « Eurydice » se sont évaporées dans la Méditerranée sans laisser la moindre trace.
Le 27 janvier 1968, la « Minerve » ne donnait plus signe de vie. On l'avait repérée pour la dernière fois au large de Toulon. Le 4 mars 1970, l' « Eurydice », son frère jumeau, sombrait à son tour avec son équipage. Aucun survivant, aucun témoin, pas un semblant d'explication, du moins officiellement. Les archives ne seront pas accessibles avant 2018 et les autorités n'ont qu'une réponse laconique: « Nous ne savons pas. »
On n'a rien retrouvé
Fatalement, des doigts accusateurs montrent aujourd'hui la marine nationale française. Pourquoi ce silence? Ce mutisme s'apparenterait-il à l'attitude des Russes? Quelle raison d'Etat se cache-t-elle derrière tout ça? Le SIRPA (service d'information des Armées) rejette les accusations en bloc: « Comment voulez-vous expliquer un accident alors que l'on n'a jamais rien retrouvé? La ''Minerve'' a probablement coulé par 1000 m de profondeur. La seule trace visible du naufrage fut une tâche d'huile en surface. Toutes les hypothèses ont été échafaudées. On a pensé bien sûr à une collision. Mais contre quoi? A-t-on retrouvé un bâteau ou un quelconque objet? Des supputations, oui, il y en a eu. C'est la même histoire que la fameuse Fiat blanche introuvable de l'affaire Diana. » Pour sa défense, la marine rappelle qu'il n'existe pas de boîte noire sur les sous-marins. Et « qu'à l'époque, les moyens de transmissions n'étaient pas aussi performants qu'aujourd'hui. » Il n'y avait pas de satellites et « les vieux postes radio marchaient quand ils en avaient envie. Regardez, on cherche toujours comment Saint-Ex s'est tué... »
Les familles très dignes
« Les autorités ne pouvaient décemment pas répéter éternellement ''nous ne savons rien'', poursuit le porte-parole. A quoi cela aurait-il servi? Mais elles n'ont pas cherché à cacher quoi que ce soit. Des témoins racontent qu'ils ont vu la flotte au complet appareiller dans la rade de Toulon et de nombreux hélicoptères s'envoler vers le large, suite à l'accident de la ''Minerve''. Une vaste enquête a été menée. Y a-t-il eu erreur humaine? » Pas de réponse. Des fragments de l' « Eurydice » ont été photographiées des années après par une mission sous- marine, entre 700 m et 1000 m de profondeur. Ces découvertes n'auraient guère fourni d'indications, si ce n'est sur le lieu du drame qui ne présente aucune particularité à même d'être en relation avec la désintégration du bâtiment.
« Les familles et les épouses des disparus se sont montrées très dignes, assure-t-on au SIRPA. Elles savaient que le métier de sous-marinier est dangereux. Malheureusement, aucun corps n'a été retrouvé. A ces profondeurs-là, la pression n'épargne rien. »
Des minutes affreuses
On sait que les coques de ces sous-marins pouvaient résister jusqu'à 300 m. Alors, les experts reconstruisent avec effroi ce qui a pu se passer dans les bâtiments disparus. « A partir de 500 m, les tôles se distordent et craquent de partout, jusqu'à l'implosion. Nos camarades ont dû vivre des minutes affreuses. Les sous-mariniers sont entraînés pour faire face à des situations de crise, sur des simulateurs. Mais là.. » Un élément du dossier fait dresser l'oreille des enquêteurs. En 1970, quelque temps après la disparition de l' « Eurydice », le « Flore », strictement de la même facture, connut un incident heureusement sans suite fâcheuse. Le sous-marin, propulsé par des moteurs diesel électriques, devait remonter en surface pour s'alimenter en air.
Pour rester discret et gagner du temps, l'opération s'affectuait à l'aide d'un tube qui dépassait légèrement de la surface, comme on le voit dans les films. Un clapet obstruait l'orifice pour empêcher l'eau de pénétrer, une fois la plongée amorcée. Lors de manoeuvres à bord du « Flore », ce clapet n'a pas fonctionné et l'eau s'engouffrait à l'intérieur. Ils ont pu remonter à temps. Est-ce qu'il ne se serait pas passé la même panne sur les deux autres? »
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Bosco
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MessageSujet: Re: la Minerve   Mar 30 Jan 2018 - 7:23




Jeudi 2 février 1968, à Toulon. Les opérations de sauvetage du sous-marin La Minerve sont suspendues. Cinq jours après la disparition du submersible, l’espoir de retrouver des survivants s'est évanoui. "Dès le début de l’opération de sauvetage, on n’y croyait pas trop de toute façon", se rappelle Georges Kévorkian. A l'époque, ce jeune ingénieur de la Direction des constructions navales avait été chargé de mener les secours à partir du lundi 29 janvier, deux jours après la dernière communication enregistrée avec le sous-marin.

La Minerve et son équipage ne seront jamais retrouvés. Et cinquante ans après le drame, le mystère plane toujours.
Comment le sous-marin a-t-il coulé ? Avarie ? Erreurs humaines ? Problèmes techniques ? Une conjonction des trois ? Les familles des victimes, qui commémorent le 50e anniversaire de la disparition à Toulon le 27 janvier 2018, attendent encore les réponses. Visée, l'armée n'a jamais levé les zones d'ombre qui entourent ce drame. Un silence suspect, selon certains.



Dernière plongée de "La Minerve", sous-marin français disparu le 27 janvier 1968. (AGASM section Rubis /
FRANCEINFO)


A 7h55, "La Minerve" plonge dans le silence

En ce début d’année 1968, les eaux de la Méditerranée sont agitées. Le mistral souffle à 100 km/h. C’est dans ces conditions que La Minerve s’apprête à effectuer un exercice avec un avion. "Le premier qui voit l’autre a gagné", éclaire Georges Kévorkian. Le sous-marin plonge alors que le Bréguet Atlantic, qui a décollé quelques minutes plus tôt de la base aéronavale de Nîmes-Garons, arrive sur zone à 7h15. Un premier contact entre les deux appareils est pris quatre minutes plus tard. Mais les conditions climatiques rendent les communications difficiles. A 7h45, l’avion annonce qu’il renonce à sa dernière vérification radar, raconte Libération. Dix minutes plus tard, réponse de La Minerve par la voix du second maître Nicolas Migliaccio, en charge des liaisons radio :

" Je comprends que vous annuliez cette vérification. M'avez-vous entendu ?" Nicolas Migliaccio, second maître à bord de La Minerve

Ce sera le dernier signe de vie du sous-marin.

La suite ? Mystère. A terre et dans l’avion, en raison de la météo, on ne s’inquiète pas vraiment de ce silence. La
Minerve doit rentrer au port au plus tard dimanche 28 janvier, à 1 heure du matin. A l’heure fatidique, toujours rien.
Georges Kévorkian raconte la scène dans son livre, Accidents de sous-marins français 1945-1983 (éd. Marines) : "Chef, j’ai vu des matafs [matelots] ce matin... qui m’ont dit que La Minerve était perdue : elle n’est pas retournée à la base comme prévu", rapporte un ouvrier.
Les recherches sont officiellement lancées à 2h15. Soit 18 heures et 25 minutes après la dernière communication du sous-marin. La Minerve dispose d'une centaine d'heures d'oxygène, le temps presse. Le matériel à l’époque ne permet pas de sonder les fonds marins très profondément. Or, au large de Toulon, ils peuvent atteindre 2 000 m. C’est justement dans ce secteur, au sud du cap Sicié, que La Minerve menait son exercice. Malgré la vingtaine de bateaux venus aider pour les recherches, des hélicoptères, des avions et même la soucoupe plongeante du commandant Cousteau, le submersible reste introuvable.

"La Minerve' a probablement coulé par 1 000 m de profondeur. La seule trace visible du naufrage fut une tache d'huile en surface."
Le Service d'informations et de relations publiques des armées (Sirpa)

Présent sur le porte-avions Clémenceau mobilisé pour les recherches, Joël Lannuzel, 30 ans au moment du drame, raconte avoir "fait des tours et des tours en Méditerranée". "On n’a jamais entendu parler d’une seule tache d’huile", soutient-il. Second maître radio sur La Minerve de mars 1962 à octobre 1965, il connaissaît le bâtiment "comme sa poche". Pour lui, seul un "abordage avec un autre navire" a pu couler La Minerve. Une hypothèse parmi d’autres.
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MessageSujet: Re: la Minerve   Mar 30 Jan 2018 - 7:25



Une vérité qui n'émerge jamais

Comment ce monstre de 800 tonnes a-t-il pu disparaître sans laisser la moindre trace ? Le flou demeure un demisiècle plus tard. "Pendant huit, dix jours, on a dit tout et n’importe quoi", se rappelle Thérèse Scheirmann-Descamps, veuve du second maître Jules Descamps. "On m’avait même demandé de ne pas lire les journaux." On peut y voir fleurir des théories farfelues comme un coup de force russe. D’autres sont plus plausibles.

La plus répandue ? Un problème de "schnorchel". Il s'agit en fait de deux tubes, l'un alimente en air le sous-marin, l’autre permet de rejeter les gaz d’échappement. Quand le bâtiment est en immersion périscopique, c'est-à-dire à quelques mètres de la surface, ces tuyaux sortent et de l’eau peut y rentrer. En temps normal, un clapet se referme pour empêcher l’inondation. Ce 27 janvier 1968, un incident a pu empêcher ce clapet de bien fonctionner, La Minerve s’est alors remplie et a coulé irrémédiablement.

Ce sous-marin de type Daphné pouvait plonger jusqu’à 525 m. Au-delà, la coque ne peut résister à la pression. En coulant dans cette zone au large de Toulon, La Minerve est descendu bien plus bas et a dû imploser. Dans son livre, Georges Kévorkian fait état d’un "signal susceptible de résulter de l’écrasement brutal vers 700 m de profondeur d'un 'récipient' contenant environ 600 m3 d’air à la pression atmosphérique". Une description qui pourrait correspondre au sous-marin disparu. Ce signal a été enregistré par différentes stations sismologiques "à 7 heures 59 minutes et 23 secondes, à quelques secondes près". Soit quatre minutes après la dernière communication de La Minerve.

Cette théorie du schnorchel est toutefois repoussée par l’écrivain puisque "quelques minutes avant sa disparition, il n’est pas avéré que le sous-marin naviguait au schnorchel". La thèse de l’abordage, défendue par Joël Lannuzel, a également été envisagée. Le secteur était largement emprunté par des bateaux commerciaux. Mais là encore, ce n’est resté qu’une possibilité parmi d’autres.

   On a pensé bien sûr à une collision. Mais contre quoi ? A-t-on retrouvé un bateau ou un quelconque objet ?
   Le Sirpa

Reste l’erreur humaine, que tout le monde réfute. Les regards se sont tournés vers le commandant André Fauve. Aurait-il pu engager une manœuvre trop périlleuse, comme le sous-entend Georges Kévorkian ? L’amiral Thierry d’Arbonneau, jeune officier au moment de l’accident, a été un des élèves du capitaine Fauve. Sa description d'un homme "hyper-compétent" rend peu probable cette hypothèse. "C’était notre officier de manœuvre, il nous apprenait à naviguer. Il avait une aura évidente, il était jeune, calme, pondéré", explique l'amiral. Pourtant, malgré un capitaine "respecté et reconnu", un équipage entraîné et un bâtiment en bon état, La Minerve n'est jamais remontée.




L'équipage de "La Minerve", sous-marin français disparu le 27 janvier 1968. (STF / AFP
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MessageSujet: Re: la Minerve   Mar 30 Jan 2018 - 7:31

L’impossible deuil des familles

En coulant au large de Toulon, La Minerve a laissé derrière elle 52 familles endeuillées, 28 orphelins et 17 veuves. Martine Coustal est l’une d’elles. Elle avait 18 ans à l’époque et devait se marier avec Marcel Coustal, électromécanicien embarqué à bord, quelques jours après le retour du sous-marin. Cinquante ans après, cette femme à l’accent chantant du sud de la France n'a rien oublié. "On y pense toujours, souffle-t-elle, mais le plus émouvant, c’est d’être sur les lieux de la commémoration."

Le 28 janvier 1968, lorsqu’elle reçoit la visite de son beau-père, elle pense aborder une nouvelle fois son prochain mariage. Elle est loin d'imaginer le pire. Elle comprend ce jour-là que son mari ne reviendra jamais. Le bébé qu'elle attend sera orphelin. Le garçon naîtra deux mois plus tard et s'appellera Marcel. En hommage. Elle se mariera à titre posthume le 10 juillet 1968 et obtiendra le droit de porter le nom de Coustal. "Le mariage a été très, très difficile", reconnaît-elle. Mais malgré la perte et la douleur, Martine n’a jamais été revancharde.

" Il avait choisi cette vie, je suis pour qu’on les laisse tranquille. Rien ne nous les ramènera. Il faut avancer."
Martine Coustal

Thérèse Scheirmann-Descamps, la veuve du second maître Jules Descamps, elle, ne veut pas s'infliger de nouvelles souffrances non plus. Mais, elle espère des réponses. "Cela fait cinquante ans qu’on en attend", lance-t-elle. Agée de 25 ans au moment du drame, elle aussi se souvient : "Le 28 janvier 1968, je préparais un gâteau pour mon mari dont c’était l’anniversaire. A 10 heures, j’ai entendu les sirènes. A midi, on m’a dit qu’il aurait du retard... J’ai tout de suite compris qu’il ne rentrerait jamais." Les jours qui suivent sont terribles. "Je calculais le nombre d’heures pendant lesquelles il pouvait vivre, tout en m’occupant de mes enfants", glisse-t-elle. Elle ne peut aussi s’empêcher d’imaginer la souffrance des derniers moments vécus à bord par son mari et ses compagnons.



Jules Descamps, le mari de Thérèse Scheirmann-Descamps (THERESE SCHEIRMANN-DESCAMPS)

Pour Thérèse, comme pour Martine, la vie reprend le dessus. Parfois de façon brutale. Leurs enfants grandissent sans leurs pères. L'absence est un poids lourd à porter. "Il y a eu de grandes souffrances, ma fille, qui allait avoir 3 ans au moment de la disparition de son papa, a eu du mal à se construire. Mon fils également a eu de gros problèmes. Il n’y avait pas d’accompagnement psychologique à l’époque", témoigne Thèrèse Scheirmann-Descamps. Pour les deux femmes, hors de question de rater les commémorations du 50e anniversaire, bien que ce soit "très douloureux".

Jean-Paul Krintz, lui, manquera à l'appel à Toulon. Cet ancien responsable auxiliaire à bord de La Minerve est décédé il y a quelques mois. Il aurait dû être à bord du submersible ce 27 janvier 1968. Mais, jeune marié et en fin de contrat, il avait été exempté d’exercice. Rongé par la culpabilité, "il a toujours eu du mal à oublier tout ça", avoue Patrick Meulet, le président de la section "rubis" de l’Association générale de l’amicale des sous-mariniers (AGASM). En 2010, l’ancien sous-marinier disait son mal-être dans La Dépêche du Midi :

Pendant quarante ans, je suis resté fermé. Je ne me sentais pas à ma place.
Jean-Paul Krintz

Peut-être pensait-il qu’il devait être avec eux, au fond de la Méditerranée, avec ses compagnons. Cet endroit qui n’a jamais été réellement identifié et qui travaille tant les familles. "Quand on perd quelqu’un, on a envie de savoir où il repose", insiste Thérèse Scheirmann-Descamps.



Le patch des forces sous-marines françaises en 2017 (FRED TANNEAU / AFP) (FRED TANNEAU / AFP)

La "Grande Muette" se tait

Cinquante ans plus tard, avec l’amélioration des techniques, de nouvelles recherches auraient pu être menées, mais rien n’a jamais été entrepris. "On aurait pu les relancer, s’insurge Patrick Meulet. Dire qu’on ne peut pas le retrouver, c’est choquant, d’autant qu’on connaît le secteur où il est censé être." Le président de l’AGASM est entré dans la marine un an, jour pour jour, après le drame de La Minerve et accompagne le désir de vérité des familles. Comment ? Pourquoi ? Où ? Voilà les questions qui résonnent dans les têtes. "Pourquoi un tel mutisme ?" s’interroge Thérèse Scheirmann-Descamps. Des choses seraient-elles cachées ? "Comment voulez-vous expliquer un accident alors que l'on n'a jamais rien retrouvé ?" se défendait le Service d'informations et de relations publiques des armées en 2000. " Les autorités ne pouvaient décemment pas répéter éternellement 'nous ne savons rien'. A quoi cela aurait-il servi ? Mais elles n'ont pas cherché à cacher quoi que ce soit."
Le Sirpa

Dix-huit ans plus tard, le discours n'a pas changé. Le capitaine Bertrand Dumoulin, porte-parole de la Marine nationale, confirme que "les causes de l'accident n'ont jamais pu être élucidées".

"L'Eurydice a bien été retrouvé alors qu’on est descendu à 1 000 m", conteste Patrick Meulet. Il sait de quoi il parle. Patrick Meulet était à bord du submersible, un autre sous-marin de type Daphné, trois mois avant son naufrage, le 4 mars 1970. Avant de couler en Méditerranée, l'Eurydice avait d'ailleurs servi pour l'hommage national rendu à l'équipage de La Minerve par le général De Gaulle, le 8 février 1968.

En embarquant à bord pour une plongée, malgré sa taille – 1m96 – et son embonpoint, le président de la République avait salué ces "volontaires qui avaient d'avance accepté le sacrifice et qui avaient fait un pacte avec le danger". "Le général aimait la force du symbole, rappelle l'amiral Thierry d'Arbonneau. Il voulait prouver que la nation était unie dans ce drame et montrer la confiance qu'il avait dans les sous-marins et leurs équipages." Ce "pacte avec le danger", rappelé par De Gaulle, est l'une des raisons pour lesquelles aucune action en justice n'a été menée par les familles : "Jamais de la vie, nous n'aurions fait ça ! coupe Thérèse Scheirmann-Descamps. Par respect pour la fonction et l'engagement des sous-mariniers."

L'Eurydice et La Minerve, deux "Daphné", faisaient le prestige de la marine française – et il y aurait pu avoir un troisième drame mais le Flore a évité le naufrage le 19 février 1971 (le schnorchel avait été clairement mis en cause et des améliorations avaient été faites dans la foulée pour éviter de nouveaux accidents). Entre 1965 et 1975, une dizaine de submersibles de type Daphné ont été vendus à l’Afrique du Sud, au Pakistan ou encore à l’Espagne. Les intérêts économiques ont-il dicté le silence de l’armée ? "Clairement, non ! répond Bertrand Dumoulin. Si la cause de l'accident était connue, il eut été absurde de ne pas la communiquer à nos partenaires étrangers."

"J’en veux à l’état-major. Ils ont pu cacher quelque chose, on ne sait pas pourquoi", n'en démord pas Patrick Meulet. Lui, comme les familles des disparus, s’accrochent à ce cinquantenaire du drame. Après cette date, le secret défense qui entoure La Minerve devrait être levé. Thérèse Scheirmann-Descamps attend cela impatiemment.

" Vingt ans après le drame, on nous a dit d’attendre. A trente et quarante ans aussi. Il y a des limites, ça commence à bien faire."
Thérèse Scheirmann-Descamps

Elle espère. Pour elle. Pour ses enfants. Sans trop y croire. Patrick Meulet, non plus, n’est pas convaincu que toute la lumière sera faite sur le drame. Car l’armée pourrait très bien taire d'éventuelles réponses. Et justifier une fois de plus son surnom de "Grande Muette". Patrick Meulet soupire : "On espère qu’au bout de cinquante ans, on va réussir à la faire parler."

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