Le rendez-vous des anciens et amis de la Force Navale - Het rendezvous van de oudgedienden en vrienden van de Zeemacht
 
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 L'axe cassé

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Georges de Verviers
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Georges de Verviers

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MessageSujet: L'axe cassé   L'axe cassé EmptySam 5 Nov 2011 - 23:07

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Comme je l'ai dit l'autre fois, il est plus agréable de lire un texte normal plutôt qu'une copie de revue. C'est pourquoi je vous donne ci-dessous le suite et fin de l'histoire de l'axe cassé sur l'Eupen.

Tenez-vous bien !


Gibraltar, le 19 septembre 1962

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Avant de commencer à répondre à tes gentilles lettres, je vais te raconter ma journée. Comme toujours, elle commence par un bon déjeuner au sirop. Nous avons beaucoup de chance aujourd’hui car le moteur de secours s’est enfin démarré. Il faut reconnaître que nous avons de la chance d’avoir un moteur pour les secours urgents. Il se start vraiment facilement, il ne faut pas plus de deux jours et demi pour ça. Ensuite le tuyau d’écoulement de la cheminée est débouché. J’ai dû le scier en trois pour arriver au résultat final, mais on dit toujours : « Qui veut la fin veut les moyens ». En maniant la scie, j’avais tout le temps l’impression d’avoir le 1er lieutenant près de moi.

Gibraltar, le 20 septembre 1962

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Ce matin le porte-avions qui était sorti de cale sèche il y a quelques jours est parti. Il y avait trois hélicoptères et deux avions sur le pont. Il y avait aussi une grande partie de l’équipage en tenue blanche et un orchestre. L’orchestre n’a pas arrêté de jouer jusqu’à ce que le bateau soit sorti du port. On ne l’entendait plus, mais avec des jumelles on voyait bien qu’il ne s’était pas tu. Il a même joué la marche de la Force Navale. On était un peu étonné.
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Après ça, la journée a passé comme toutes les autres, ni plus lentement, ni plus vite.
Il y a trois jours, Roger a été chez le docteur pour son cœur et on lui a dit qu’il avait une très grande dépression nerveuse. Il doit penser à autre chose, ne pas trop travailler et prendre de l’amusement. Je ne sais pas s’il l’a déjà écrit à sa femme, alors, je compte sur toi pour le lui dire.
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tout à l’heure j’ai proposé à Roger d’aller boire un verre en ville avec lui. C’est dans un mess de la marine anglaise mais je regrette déjà cette proposition idiote. Le malheur est que je ne peux pas revenir en arrière sinon, il sera je crois, très déçu.
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Je ne resterai d’ailleurs pas trop longtemps car je veux encore t’écrire tout à l’heure. Je te raconterai comment ça s’est passé.
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Je ne vais pas t’écrire beaucoup, car je me suis laissé entraîner par mon malade et il est maintenant onze heures et demi. Je te dirais quand même que je me suis bien amusé et que je ne regrette pas trop cette petite sortie. Je te raconterai tout cela demain.

Gibraltar, le 21 septembre 1962

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Je profite que la table est débarrassée et propre pour te raconter un peu ma sortie d’hier.
Nous avons quitté le bateau vers sept heures et demi et nous sommes partis tout doucement vers le mess. Léon H. et l’adjudant étaient avec nous, mais nous ne nous y intéressions pas beaucoup. Sur le chemin, l’adjudant racontait des histoires de mal de mer et faisait de grands gestes. Dix minutes après notre départ, nous arrivions au mess. Il se trouve dans le quartier réservé aux marins et autres militaires. De l’extérieur il fait plutôt minable car c’est une vieille baraque comme il y en a à la caserne de Ste Croix. Quand on entre on est assez surpris d’y trouver un réel confort et une ambiance de calme. Il y a partout de petites tables entourées de fauteuils clubs. Dans un coin il y a le bar bien fourni. A côté du bar se trouve une place réservée aux joueurs de fléchettes (Vogelpick) et plus loin, posé sur une petite table, se trouve un pick-up avec quelques disques. Bien qu’ils soient assez vieux, il y en a de très beaux, ce sont presque tous des disques de « Party » avec de la musique de danse. Quelques-uns sont de grande musique. Ce qui attire aussi l’attention, c’est l’indication des WC, pour les dames (pardon pour les ladies) il fait marqué EVE et pour les hommes ADAM. Comme c’était la première fois que j’y allais, on m’a présenté au président du mess. Evidemment, ce fut fait en anglais, mais comme je n’ai pas dit grand chose, je n’ai pas eu trop difficile. Cette formalité faite, on s’est installé dans les fauteuils et j’ai donné mes quatre shillings à Roger en lui disant de payer tout le temps. La première tournée, Roger a pris un whisky et moi un grand verre de bière d’une contenance d’une pinte (0,5679 litre). Comme nous n’étions pas riches, Roger et moi buvions ensemble et les deux autres ensemble. Quelques minutes après notre arrivée, un anglais de la connaissance des trois autres et se prénommant Harry est venu s’asseoir à notre table. On lui a payé un verre et on a commencé à discuter. J’ai constaté que cet anglais était beaucoup plus sympathique que beaucoup de ses congénères. Quand il parlait, il articulait bien et le faisait lentement pour que j’aie des chances de comprendre.
Peu après j’ai fait quelque chose d’incroyable. Je déteste de jouer aux fléchettes et j’ai proposé à Roger de jouer une partie avec moi. Comme il ne connaissait pas les règles, je les lui ai apprises et on a joué. Malgré toutes mes explications, il a trouvé le moyen de perdre, ou plutôt de ne pas gagner. On a joué que cette partie là et on est revenu s’asseoir. L’adjudant lisait son journal comme un gros paysan. Comme je suis distrait je manquais la moitié de la conversation alors j’ai décidé de la perdre complètement et je me suis occupé du pick-up. Je ne connaissais pas le principe, mais mon intelligence supérieure m’a fait découvrir le mécanisme. J’ai alors fait une petite sélection de disques. J’ai choisi quelques tangos dont la « Comparsita » et je pensais à toi en l’écoutant. Je pensais aussi au film « Certains l’aiment chaud ».
La soirée a ainsi passé tranquillement. Le seul point noir est que Roger n’a pas voulu partir à neuf heures. Ce salaud voulait se saouler pour oublier, Hum... A onze heures, on a fermé le bar mais le mess restait ouvert. Pendant que nous étions là, il est venu quelques types avec leur femme. Je dois te dire que ça ne me dirait vraiment rien d’aller ainsi dans un mess avec toi. Il y a tant d’autres endroits où l’on est mieux. Vers onze heures et quart nous avons quitté le mess. Il y a une chose de certaine c’est que c’est un endroit très tranquille.
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Maintenant je ne peux plus attendre pour te dire que l’axe est enfin fini et il est déjà à bord. On nous l’a rapporté ce soir à cinq heures. Je crois bien que ça a fait un peu remonter le moral de l’équipage. Si le bruit qui court à bord est juste il est possible que l’on commence le travail demain. Je dois te dire que nous râlons un peu de ne pas pouvoir le faire nous-mêmes. Je me réjouis déjà d’être demain comme ça on saura quoi pour le travail
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Il ne reste plus qu’à espérer que le travail se fasse le plus vite possible.
Comme Roger est un radin, il a trouvé le moyen de faire l’économie d’un timbre. Il t’a écrit une petite lettre et je te l’envois en même temps dans cette enveloppe.

Gibraltar, le 22 septembre 1962

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Les ouvriers sont arrivés ce matin vers huit heures quart. Ce ne n’était pas les mêmes que pour le démontage ce qui fait qu’ils ont assez de difficultés. Ce sont malgré tout de bons ouvriers. Ce n’est pas encore fini, mais je dois dire que le travail a bien avancé. Plus, que ce que j’aurais crû. Le travail sera peut-être fini mardi.
Je ne crois pas t’en avoir déjà parlé, mais le temps ici n’est plus très beau. Il y a beaucoup de vent et il pleut parfois. C’est certainement parce que nous serons bientôt partis. La nuit il fait très froid et je vois le moment où je devrais remettre une couverture. Bien que le port soit bien abrité, l’eau est fort agitée et le bateau n’arrête pas de danser. Je voudrais bien faire comme lui, mais avec toi seulement.
En ce moment, on joue à la radio la « Boerinnekensdans » (J’espère qu’il n’y a pas trop de fautes) et je me demande si on danse ça au Maroc. C’est à radio Tanger, émission française que je l’entends. Tous les soirs j’écoute ce poste et ça me permet de garder un assez bon moral. Sur un bateau pour garder un bon moral il faut avoir de la bonne nourriture. Il y a eu dernièrement une commission ménage. On trouvait qu’il y avait moyen de préparer un peu mieux les repas. Je crois que ça a eu un bon résultat, car depuis, je dois dire que les repas sont un peu meilleurs. Ca ne veut pas dire qu’ils sont fait à la perfection.

En mer, le 25 septembre 1962

Ma Lulu Chérie,

Je vais profiter que je suis de quart pour t’écrire un peu et pour t’expliquer pourquoi je ne l’ai pas fait hier. J’ai tellement de choses à te dire que je ne sais pas par où commencer.
Comme je suppose que quand tu liras cette lettre nous serons déjà rentrés, je peux te dire qu’on a bien failli avoir encore du retard. Hier matin donc les ouvriers sont venus à bord et ils ont continué le remontage. Le travail avançait rapidement mais on s’apercevait bien qu’ils n’auraient pas fini avant le soir, alors on les a un peu aidé. On avait déjà marqué l’heure de départ qui était ce soir là à huit heures trente. Tout le monde faisait ses préparatifs ou écrivait la bonne nouvelle. Seuls les mécaniciens étaient occupés dans la machine. Vers sept heures tout était remonté et on a commencé les essais. Après trois minutes qu’il tournait en position neutrale, l’embrayage n’était plus à toucher tant il était chaud et une abondante fumée s’échappait par le trou prévu pour l’aération. On était plutôt surpris et on a démonté une plaque qui permettait de voir à l’intérieur. On a rien vu du tout tant la fumée était épaisse. Nous ne savions d’ailleurs rien faire tellement tout était chaud. L’ingénieur, le contremaître et le chef machine ont alors regardé le plan et ils ne trouvaient rien. Dès que l’embrayage fut un peu moins chaud, on a essayé de voir ce qui n’allait pas mais on ne trouvait pas. On savait tout juste faire de suppositions. En faisant les essais avec le moteur stoppé, on a vu que l’embrayage ne se mettait pas bien en marche arrière. On a voulu savoir si en marche avant ça chauffait et on a remonté la plaque. Logiquement, ça ne devait pas le faire. On a remis le moteur en marche et l’embrayage en position marche avant. Cette fois-ci, c’était encore pire, il n’a pas fallu deux minutes pour que ce soit chaud. L’ingénieur et le contremaître ont encore un peu discuté puis ils sont partis. Il était huit heures et demi et nous avons été souper. Sitôt le souper fini, nous sommes redescendus à la machine et on s’est mis en devoir de commencer un savant démontage. Nous avons alors fait toutes sortes de suppositions, déplacé des pièces et tout bêtement on s’est aperçu de ce qui n’allait pas. Le frein de blocage de la position de marche arrière était mal placé. On l’a remis dans sa bonne position et on a remonté. On a essayé à la main et ça allait. Ca ne voulait pas dire que ça irait quand le moteur tournerait. On a voulu essayer avec le moteur mais le commandant n’a pas voulu tant que les civils n’étaient pas là. Il était déjà onze heures. On a pris une douche et les autres ont été se coucher. Comme on croyait déjà être parti à huit heures et demi, on avait déjà enlevé les câbles électriques et la génératrice tournait. J’étais de quart alors j’ai dû rester toute la nuit éveillé. Etant un grand fainéant, je n’ai pas eu le courage de t ‘écrire.
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Je vais maintenant te quitter car la fin de mon quart approche et j’ai encore du travail.

En mer, le 26 septembre 1962

Bonjour mon Amour,

Je suis sûr que tu dors encore, mais ça ne fait rien puisque c’est par écrit, je peux déjà commencer à te raconter la journée d’hier. Avant tout, je te demanderai de ne pas faire attention à l’écriture car le bateau bouge horriblement. On a même dû diminuer la vitesse.
Pour moi la journée d’hier a passé très rapidement car le matin j’ai dormi et je ne me suis rendu compte de rien. Mais on a procédé aux essais. Le bateau est allé en mer et il n’a pas arrêté de faire des manœuvres. Comme tout allait bien et que c’était grâce à nous, les anglais tiraient une drôle de tête car ils étaient vexés. Vers onze heures, le bateau est revenu à quai pour signer les papiers et permettre aux anglais de débarquer. Je me suis réveillé tout seul à onze heures et demi et je me suis levé. Je me suis habillé et je suis passé à table car le dîner avait lieu plus tôt. A midi juste il y a eu la station d’appareillage et on est parti. Pour être certain que l’on ne regrette pas ce sale pays qu’est Gibraltar, il pleuvait. Mais quand nous fûmes un peu éloignés, le soleil est réapparu car nous étions alors en face des côtes espagnoles. Le vent était assez fort mais la mer était bonne. Hélas, ça n’a pas duré longtemps. Le vent a augmenté et la mer est devenue carrément mauvaise. Ca ne s’est pas fait en un coup, mais pour finir on s’en rendait bien compte au nombre de malades qui augmentait.
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C’est formidable, jusque maintenant, j’ai écrit, j’ai beaucoup écrit et je ne t’ai pas encore dit combien j’étais heureux d’être enfin sur le chemin du retour. Sais-tu que les quelques jours qui nous séparent encore me paraissent plus longs que ce que l’on a passé jusque maintenant. Enfin, j’espère qu’ils passeront quand même assez vite. J’ai compté que l’on arriverait lundi. Nous aurons alors vingt cinq jours de retard. Ce qui est triste, c’est cet i… d’adjudant n’est pas encore parvenu à faire une liste de quart qui nous aurait permis de savoir qui allait aller en congé le premier. C’est aussi ennuyeux pour toi que pour moi. Puisque je ne sais quand même rien te faire savoir, ça n’a plus d’importance, mais je suis quand même curieux de savoir quand la liste sera faite.

En mer, le 27 septembre 1962

Bonjour ma petite Chatte,

Je ne vais pas écrire beaucoup aujourd’hui, car nous avons des ennuis à la machine et il faut travailler. Je t’expliquerai quoi tout à l’heure.
La journée d’hier, s’est passée calmement comme toutes les journées en mer. Le seul ennui, c’est que le vent a force six ce qui fait environ 50 km à l’heure. A cause de ça, la mer est assez mauvaise et on a diminué la vitesse du bateau. Hier matin ça allait encore, car j’ai travaillé sur le pont et je savais me mettre torse nu. Vers onze heures moins vingt, j’ai vu passer un vol de canards sauvages. Ils volaient en V et ça m’a prouvé qu’il commence à faire froid dans le nord.
Nous sommes entrés dans l’Atlantique vers midi et c’est à ce moment là que l’on a commencé à bouger. C’est un mal pour un bien car ça m’a permis de manger deux parts de poulet.
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J’ai passé une assez mauvaise nuit, car j’ai eu froid et j’ai beaucoup rêvé.
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Si je ne sais pas beaucoup t’écrire, c’est parce qu’on ne sait plus pomper l’eau qui se trouve dans le fond du bateau. C’est très ennuyeux, car depuis que les réparations sont terminées, ça se remplis très vite. Je vais donc te quitter maintenant pour continuer à travailler.

Porto, le 28 septembre 1962

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Si tu as bien fait attention en lisant, tu auras certainement été étonnée en voyant la date et tu te demandes ce que nous pouvons bien faire dans ce port portugais. L’explication est toute simple, il fait tellement mauvais en mer que nous avons été obligés de rentrer ici pour nous abriter. Il y a force neuf dans le Golfe de Gascogne. Avant de te raconter notre arrivée spectaculaire ici, je vais d’abord te raconter un peu notre journée d’hier.
Il faut dire que nous n’avons quand même pas de chance avec l’Eupen et surtout avec la machine. Dès que j’ai eu fini de t’écrire hier, j’ai dû me mettre à l’ouvrage. En montant de quart, on m’avait expliqué ce qui n’allait pas et après un moment de réflexion, j’ai vu ce qu’il fallait faire. L’ennui c’est que j’étais tout seul et en plus, le bateau bougeait très fort. Je devais démonter la pompe à « Bilges » pour voir ce qu’elle avait dans le ventre. J’ai pris mon courage à deux mains et je me suis mis à l’ouvrage. J’ai employé des cordages pour la soutenir et avec un peu de chance, je suis arrivé à mes fins. Quand je l’eus transportée sur l’établit et ouverte, je vis qu’elle n’avait rien à part un peu d’usure. Je l’ai alors attachée pour qu’elle ne tombe pas et je l’ai laissée comme ça. Après ça j’ai pompé l’eau avec une petite pompe à moteur à essence. Elle ne voulait pas prendre et il m’a bien fallu dix minutes pour la démarrer. Quand tout fut fini, il était huit heures et je suis descendu de quart.
Pendant le déjeuner, j’ai expliqué au chef machine ce que j’avais fait puis je lui ai dit que quand il aurait vu l’intérieur de la pompe, j’allais la replacer. Il m’a fallu toute la matinée pour le remettre en place et faire les essais. Elle allait de nouveau, mais pas très bien. Enfin, c’était mieux que rien et mieux qu’avant. Après le dîner, je me suis lavé puis couché. C’est la seule chose que l’on sait faire car le temps est très mauvais et il pleut presque tout le temps. J’ai un peu lu puis je me suis endormi.
C’est à sept heures du soir, pendant mon quart que j’ai appris la grande mais mauvaise nouvelle. Le chef machine est venu me dire qu’il y avait tempête dans le golfe et qu’on allait rentrer à Vigo (Espagne) ou à porto. Tu ne peux savoir comme ça m’a fait plaisir. Perdre encore deux ou trois jours alors que tu es là à attendre, je trouve ça formidable. C’est quand même grave qu’il n’y ait qu’un bateau avec si peu de chances, et d’être dessus.
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A la fin de mon quart, j’ai pris une douche puis j’ai fait mon lit. C’était la première fois que je le faisais sur tout le voyage. Quand je me suis couché, j’ai trouvé ça très bon d’avoir un lit bien fait. Ca faisait un peu plus civilisé et surtout, j’étais sûr de ne pas avoir froid.
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La station d’appareillage a duré de onze heures et demi à une heure quart du matin. Les autorités du port ne voulant pas nous envoyer un pilote ni nous indiquer une place pour nous amarrer, il a fallu chercher une place tout seul. Je ne sais pas si je saurai t’écrire d’ici ou t’envoyer ces feuilles-ci car je ne crois pas que l’on pourra sortir. Le quart de mer continue même à quai. De Porto je ne sais vraiment rien te dire, sinon que les quais sont vraiment lugubres la nuit et qu'il y a un très grand pont en béton presque à côté de nous. La seule chose qui me reste à espérer, c’est que l’on reste le moins de temps possible ici.

En mer, le 29 septembre 1962

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Nous avons quitté Porto hier à midi. Si nous n’avions pas eu du retard, ce serait exactement comme si nous étions tout le temps resté en mer.
Comme d’habitude, je vais maintenant te raconter la journée d’hier. Ce que je ne crois pas t’avoir dit hier, c’est que j’avais un gros rhume. J’ai été assez mal en point car toute la journée j’ai eu le nez qui coulait et les yeux qui pleuraient. Maintenant, heureusement c’est presque fini. Quand je suis sorti de la salle des machines, il venait tout juste de faire clair. Ca m’a permis d’admirer le port ou tout au moins ce que l’on pouvait en voir. L’endroit où nous nous trouvions était une espèce de bassin donnant directement sur la mer. Pour créer une bonne ambiance, quatre bouches d’égout se jetaient dans ce bassin et pour notre bonheur nous étions amarrés à côté d’une. A cause du mazout, dans la machine ça ne sentait pas, mais une fois sur le pont on s’apercevait qu’il flottait autour de nous un agréable fumet qui ressemblait à une fosse d’aisance et de poissons pourris. Pour parler de l’eau, je dirais simplement qu’on ne la voyait pas souvent car elle était couverte de détritus de toutes sortes et d’une grande quantité de poissons crevés. Je n’ai pas vu de rats, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en eu pas.
Autour de nous se trouvait une vieille goélette sans voiles et quelques cargos. Au loin on voyait la mer se jeter sans arrêt sur un brise lame. Ce n’était pas fait pour nous inspirer confiance sur l’état de la mer car l’eau montait fort haut et éclaboussait dans tous les sens. Tout ce que j’ai su voir des quais, ce sont de noirs entrepôts qui servent pour je ne sais quelles marchandises.
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Pour la première fois depuis très longtemps, j’ai remis hier mon long pantalon. Je me suis même disputé avec l’adjudant à cause de ça. Jusqu’au matin, j’avais été en short dans la machine, mais à cause de mon rhume je m’étais dit que le meilleur moyen de le guérir était de m’habiller chaudement. D’autres avaient pensé à ça aussi et c’était devenu un ordre général, mais je ne le savais pas. En sortant de la machine, le premier que j’ai croisé, a été le con et il a commencé à gueuler sur moi comme un possédé. Pour ne plus l’entendre, je me suis sauvé sans l’écouter et ça l’a vexé. Un peu après je rencontre le télégraphiste juste à côté de la cabine de l’adjudant. Comme il n’était pas en tenue réglementaire, j’ai crié dessus à la manière de l’adjudant. L’autre était dans sa cabine et le fait que je l’aie imité l’a vraiment mis en colère et il m’a appelé. J’ai parlé plus vite que lui et lui ai demandé s’il me prenait pour un chien et que quand je l’entendais crier ainsi je croyais qu’il appelait un animal quelconque, je lui ai demandé où il avait fait son « élevage » et s’il avait apprécié la manière dont je l’avais imité et pour finir je lui ai recommandé de se renseigner si le type à qui il a envie de faire une remarque est au courant de l’ordre paru. Il a fini par s’excuser et m’a demandé de ne plus parler si fort quand je lui adressais la parole car il paraît que tout le bateau a entendu notre petite conversation.
Nous avons un premier lieutenant vraiment formidable et qui aime se rendre utile. Le seul ennui, c’est qu’il est bête. Voulant repêcher une épave flottant sur l’eau du bassin, il a envoyé un grappin dans le plus pur style marin. Hélas, trois fois hélas, le crétin avait oublié d’attacher le bout du cordage. Il y a maintenant un pauvre grappin de l’Eupen qui se noie dans le fond du bassin de Porto. On l’aura peut-être un jour comme commandant, bah… Enfin, son geste magnifique, n’aura pas servi à rien car les civils sur le quai ne se sont pas gênés pour rigoler.
Je vais bientôt terminer, car j’ai oublié de prendre du papier et après cette feuille ci, je ne saurais plus rien écrire. Je ne peux tout de même pas continuer sur la table, ça ne servirait à rien. Avant de te quitter, je te dirai encore que nous sommes dans le golfe depuis minuit.

Golfe de Gascogne, le 30 septembre 1962

Mon Petit Lapin Chéri,

Il est déjà quatre de l’après-midi, et je commence seulement à t’écrire. Je suppose que tu te demandes pourquoi je ne l’ai pas fait comme d’habitude. Pour ne pas te faire trop languir, je te dirai tout de suite que c’est à cause d’une tempête. Je te raconte ça tout de suite. Je vais donc commencer par le début.
Hier matin, tout était normal et le temps magnifique. La mer était encore un peu agitée, mais c’est normal puisqu’il n’y avait que quelques heures qu’une tempête se terminait. Puisqu’il faisait beau, j’ai un peu plus travaillé que d’habitude. J’ai commencé par fabriquer de la couleur kaki puis j’ai peint des bidons d’essence. Pour la fabrication de la couleur, j’ai un peu dû chercher mais dans le fond c’est très simple. Il suffit de mélanger de la couleur rouge, verte, jaune, mauve et noire. Ma découverte à d’ailleurs fait sensation dans l’équipage et Riton voulait repeindre la cabine avec.
L’après-midi j’ai dormi. Seulement, pendant ce temps se préparait un petit drame. Le baromètre descendait à une vitesse vertigineuse. Par mesure de prudence, le commandant a décidé de faire des quarts de mer renforcés, c’est à dire pour la machine de monter à deux ensemble. Il n'avait pas tort, car peu après quatre heures, la mer s’est littéralement déchaînée.
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Le timonier ne savait pas bien tenir sa route et il fallait à tout bout de champs redresser avec les moteurs. Ces manœuvres devaient s’exécuter à la seconde près car il ne faut pas jouer avec les vagues. Nous devions donc toujours être prêts à répondre et pour ça ne pouvions nous éloigner des télégraphes (Chadburn). Le bateau, lui ne se tenait plus de joie, il sautait, dansait, se balançait dans tous les sens et évidemment embarquait de l’eau de partout. Pendant le souper que j’ai pris seul dans la cuisine, j’ai eu l’occasion de voir plusieurs fois le bateau complètement sous l’eau car les coursives étaient remplies du bas jusqu’au plafond. S’il y avait eu des poissons je les aurais vus. L’eau avait une couleur vert bleu très lumineuse. Cette eau rentrait partout. Le salon et la salle à manger des officiers étaient inondés et l’eau s’écoulait à travers le plancher jusque dans la salle des machines. Les deux portes de la salle des machines étaient fermées et pourtant, l’eau était parfois projetée jusqu’au milieu. Il fallait protéger les moteurs électriques. Pour ne pas mourir de chaud, on avait laissé une toute petite fente dans les écoutilles de la bouche d’aération et parfois il nous tombait sur la tête l’équivalent de dizaines de seaux d’eau d’un coup.
(A suivre)

En mer, le 3 octobre 1962

Bonjour ma petite femme Chérie,

En regardant la date, tu dois te dire que je suis bien fainéant, mais je vais t’expliquer pourquoi nous avons du retard dans notre courrier. Tout d’abord, le dimanche 30, quand je t’ai quittée, c’était pour le souper, et après j’ai dû un peu travailler.
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Ensuite nous avons été à Brest et là on est arrivé à 02 heures du matin. Pour te rassurer, je t’ai écrit une petite lettre t’expliquant notre situation. Hier, nous sommes partis à deux heures de l’après-midi et pendant mon quart, j’ai encore un peu travaillé. Je reprends enfin maintenant notre courrier. Il est à l’instant quatre heures et demi du matin. Je vais essayer de reprendre le récit de notre tempête, et je continuerai ensuite à te raconter les autres journées.
(Suite)
Quant à huit heures, Roger et Riton sont descendus pour reprendre le quart, je suis monté à la timonerie pour avoir des renseignements. Le trajet jusque là, ne s’est pas fait sans peines car il faisait tout noir, le pont était balayé par les vagues et il fallait tout le temps se tenir pour ne pas tomber. Bien que ça n’aie aucun rapport avec la tempête, la timonerie avait un aspect sinistre. Pour toute lumière, il n’y avait que l’écran du radar, les petites lumières rouge, verte et mauve de l’appareil Decca et le cadran du répétiteur du gyro. Les timoniers et le chef de quart ressemblaient à des fantômes. On m’a appris là une très mauvaise nouvelle. Le premier lieutenant qui était officier de quart avait laissé le bateau perdre sa course. On était resté environ quatre minutes en travers des lames (Excellent pour se retourner) et on avait pas su reprendre notre course, ce qui fait que nous faisions alors demi-tour. Les moteurs tournaient le plus lentement possible et nous étions alors vent debout ce qui fait qu’on ne se déplaçait guère, mais ça ne nous rapprochait pas d’Ostende.
J’étais plein de sel sur tout le corps et j’ai été me laver. Dès que j’eus fini, je suis retourné à la salle des machines car on avait décidé de dormir là. C’était plus facile pour se réveiller puisque les deux de quart ne pouvaient pas quitter leur poste. On dormait par terre sur des tapis de mousse. Ce n’était pas très confortable surtout qu’il pleuvait sur nous. A dix heures, je ne savais pas dormir alors j’ai remplacé Riton puis Roger car ils avaient sommeil. Comme il pleuvait partout, le tableau électrique n’était pas épargné non plus et l’électricien s’occupait à mettre des bâches dessus. C’est alors qu’il s’aperçut que la génératrice numéro 1 balançait très fort. Il a alors fallu l’amarrer avec des palans à chaînes car elle risquait de se détacher à tout instant. A deux heures Riton m’a obligé à aller dormir. Je venais juste de recevoir une vague sur la tête et j’étais tout mouillé. J’étais torse nu et je fus vite sec mais pas mon pantalon et j’ai eu froid tout le temps que j’ai dormi. J’avais pourtant mis mon gros pull noir. A quatre heures et demi, le mouvement du bateau m’a réveillé. On était parvenu à reprendre le bon cap, mais la tempête n’était pas encore finie. A ce moment, l’adjudant est descendu dans la machine avec un gros pot de café. Ca nous a fait bien plaisir. J’ai alors monté de quart tout seul et les autres se sont couchés (Toujours dans la salle des machines). A huit heures le temps était presque beau. J’ai déjeuné et je me suis couché. Quand on a fait le point, on s’est aperçu que l’on avait à peine dérivé que d’un mile. Heureusement !
On devait rentrer directement, mais à six heures du soir, la radio a annoncé une nouvelle tempête et on a dû se réfugier à Brest. Nous sommes arrivés à deux heures du matin et le quart de mer a duré jusqu’au matin. Pendant mon quart j’ai discuté avec le timonier, c’est pour ça que je ne t’ai pas écrit. Nous étions dans le port, et pourtant nous bougions comme en mer. Il y avait un vent terrible, et il n’a pas arrêté de pleuvoir. L’après-midi, nous étions libres et je t’ai écrit une petite lettre. Je suis sorti pour la poster
Je voulais sortir l’après-midi, mais j’ai mis tellement de temps pour t’écrire, qu’il était trop tard. J’ai donc soupé à bord. Je suis sorti avec Roger et nous avons quitté le bateau vers six heures et demi. Il ne pleuvait plus. La première chose que l’on a faite, c’est changer de l’argent dans un café (Cinquante chacun). Dans ce même café, nous avons acheté des timbres et bu deux Muscadets. On a ensuite posté nos lettres. Nous avons encore été dans deux autres cafés et écouté de la musique. En tout, j’ai bu huit vins blancs et Roger six avec deux tasses de café. Nous sommes rentrés tranquillement à bord. Il ne pleuvait plus, il n’y avait plus de vent et il faisait doux. Je me suis couché à onze heures. Grâce au vin, j’ai bien dormi, mais à cause de ses deux tasses de café, Roger ne s’est endormi que à trois heures.
Hier, je me suis levé à huit heures moins le quart. Le matin j’ai graissé toute la machine à gouverner. A deux heures moins le quart de l’après-midi, nous avions notre première manœuvre pour quitter la France. Il faisait assez beau. SI, si tout va bien on doit être en Belgique, jeudi 4 à deux heures du matin. J’espère qu’on nous laissera rentrer. A propos, je dois te dire que l’on ne sait pas encore qui sera de quart le premier jour ni qui ira en congé le premier. Le soir, après le coucher du soleil, j’ai admiré le ciel à l’horizon. La mer était très noire et se détachait très bien. Le ciel lui était orangé contre la mer et changeait jusqu’à devenir vraiment bleu. Après le bleu, il y avait une nette séparation à cause des nuages. Ca me faisait un peu penser au tableau « Santiago » de Salvatore Dali.
. . .
Je vais maintenant te quitter car il me faut commencer les travaux de la fin de quart. A demain ma Patate Adorée. J’espère que ce sera demain très tôt.
. . .
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La correspondance de cette campagne là, se termine ici et ne dit pas si l’Eupen a été autorisé à entrer de nuit dans le port d’Ostende. Connaissant la mentalité de l’époque (Qui n’a paraît-il guère changé depuis), on nous a sans doutes fait mouiller face au casino pour le reste de la nuit.


Commentaires :

J’ai eu récemment, des contacts avec des anciens de l’Eupen et ils me signalèrent que le courrier a été le plus grand des problèmes de cette campagne là. Roger S., par exemple, n’a jamais reçu son courrier. Léon H. s’était arrangé avec Harry « Gin Tonic » (L’anglais sympathique que j’ai rencontré la fois où j’ai été au mess à Gibraltar) pour se faire envoyer son courrier personnellement chez lui a eu la grande surprise de retrouver, bien plus tard, ses lettres adressées à Harry, dans le sac de courrier officiel de l’Eupen.

En ce qui concerne notre nuit de tempête, c’est la seule fois sur toute sa carrière que le navigateur a vu l’anémomètre indiquer force 12 en haut de la passerelle. Il reconnaît qu’un anémomètre à main peut ne pas indiquer la force du vent avec précision quand tout bouge et qu’en plus de faire la lecture de la valeur la nuit, il faut aussi se tenir pour éviter la culbute. Il est par contre certain qu’il y avait au moins force 11,5.

Au moment de l’incident, où nous avons failli nous retourner, le commandant qui venait de descendre de quart est remonté sur la passerelle en coup de vent et reprenant les commandes, a observé la mer entre les doigts ouverts de sa main droite. Il comptait les vagues et dès qu’il sentit la meilleure, donna les ordres pour orienter la barre à fond et les deux moteurs en « Full », l’un en avant et l’autre en arrière. L’Eupen s’était redressé et courait maintenant vent debout !

Le commandant que j’ai retrouvé et avec qui j’ai discuté longuement de nos campagnes, Jacques H., a reconnu que c’est la seule fois dans toute sa carrière qu’il a eu peur quand il s’est rendu compte dans quelle situation le bateau se trouvait au moment où nous avons failli nous retourner. Il m’a également avoué qu’il n’avait jamais connu un homme aussi calme et réfléchi que Luc G., le chef machine lors de cette campagne là.

Contrairement à ce que j’avais cru, nous avons bien dérivé, 40 milles en 12 heures. Le point du matin n’avait rien donné car le ciel était complètement bouché et comme la position était tout à fait incalculable, le vieux n’avait pas voulu tenir compte d’une quelconque dérive tout à fait imprévisible. Ce n’est qu’au calcul de la méridienne qu’on a constaté le fait et combien nous étions loin de notre position supposée.

Nous avons paraît-il, eu beaucoup de chance cette nuit là. Les cargos qui nous ont croisés nous voyaient à temps et nous évitaient. Nous ne pouvions que tenter de conserver notre cap pour garder notre équilibre bien précaire. Pour le reste, nous étions à « Capacité de manœuvre restreinte ».

Si le mot fainéant revient souvent dans le texte, un peu comme un leitmotiv c’est tout simplement parce que j’avais tenté de convaincre ma toute jeune épouse qu’il valait mieux être fainéant intelligent que courageux et bête. Le fainéant (intelligent) obtiendra le même résultat que le courageux (bête) avec bien moins d’efforts.




Texte original de 1962, commentaires, photos et arrangement pour publication :
© Georges Linet 2002


§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

La dernière photo est, sans en avoir l'air, un document intéressant. Dans le fond, on voit la grue en train de construire l'Europa Center, ce gratte-ciel qui empêche le phare d'accomplir sa mission de prévention : Un angle de trois degrés est occulté par le bâtiment qui est maintenant plus haut que le phare. Voici la même photo, un peu agrandie et un peu plus sombre pour mieux voir la grue.

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J'espère que cette aventure de l'Eupen vous aura aussi passionné.




Georges




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MessageSujet: Axe cassé   L'axe cassé EmptySam 5 Nov 2011 - 23:39

Bonsoir Georges
Excellent récit thumleft
Faudrait peut être dire "aux autres" que Roger S ce n'est pas moi (trop jeune forcément). Wink
Tu ne serais pas un peu beaucoup écrivain. marin question
C'est un domaine que je connais un peu aussi mais je manque de style et ...de talent , c'est surtout ma mémoire qui est très bonne alors je raconte mes souvenirs d'enfance dans le milieu textile à Verviers ou avec mon grand père dans celui de l'ornithologie. J'ai aussi colaboré a des magazines comme "Temps jadis" ou avec des journaux locaux et je suis aussi président d'une ASBL culturelle (non subsidiée) qui a longtemps organisé des foires aux livres pour auteurs et éditeurs ect.
Nous aurons peut être l'occasion d'en parler ...sans importuner les autres évidement.
Bonne nuit
Roger Sail
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MessageSujet: Roger S.   L'axe cassé EmptyDim 6 Nov 2011 - 15:27

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Bonjour Roger,


Tu as raison, tu n'es pas Roger S. Celui dont je parle était plus maigre et plus pâle. Comme tu l'a remarqué, je ne cite pas le nom des personnes en entier. J'utilise le sobriquet ou alors des noms comme Commandant, Premier ou même Riton. Au début que j'écrivais, on m'a dit : Si tu ne veux pas avoir des tas d'avocats sur le dos, évite de citer directement les personnes. C'est ce que j'ai fait !

Je n'ai pas un vrai talent d'écrivain, mais j'aime raconter et comme toi, j'ai une bonne mémoire. J'ai en plus un avantage : Lors de mes navigations, je tenais, pas un journal, mais je prenais des notes que j'ai conservées. Une fois marié, j'écrivais à ma femme et comme je n'ai pas divorcé, toutes ces lettres sont encore à ma disposition pour me remémorer une date ou un lieu.

Donc j'écrivais souvent. Quand j'étais à l'ECSO-FN, c'était en 1956, je rédigeais même des lettres d'amour pour tous ceux qui étaient fiancés.

Quand je me suis inscrit à l'Amicale des Anciens de la Force Navale de la Région Bruxelloise, on m'a demandé si je voulais écrire quelque chose sur la salle des machines des Algerine's. J'aime parler et je raconte volontiers ce qui m'est arrivé. J'ai tenté l'aventure et j'y ai pris goût. Au début, j'écrivais comme je parlais puis, je me suis rendu compte que, quand je lisais, je faisais plus attention à la manière dont le texte était rédigé. J'ai ainsi attrapé quelques trucs, j'ai fait plus attention à l'orthographe et j'ai continué ainsi, écrivant comme si je racontais l'histoire à quelqu'un. Au fur et à mesure, on fini par s'améliorer.

Suite à hasard de circonstances et à cause (ou grâce) de l'Amiral Geluyckens, on m'a invité deux fois à l'émission Flash Bach de la Première RTBF radio qui était présentée par Jacques Bauduin et Claude Delacroix. Maintenant, on me charge de faire les reportages de nos événements annuels de l'AFN-RB, comme la soirée des Voeux, le souper aux Moules, le BBQ et le Bal. Dans ces cas-là, j'essaye d'être un peu original et il m'est même arrivé d'y mêler des fées ou alors l'une ou l'autre sorcière.

Alors, Roger, si tu as envie d'écrire, ne te prives pas de ce plaisir. La seule chose vraiment importante, c'est de se relire avant d'envoyer sa copie et de se poser la question : Va-t-on me comprendre ?

Sans y avoir vraiment participé, j'ai failli collaborer avec Temps Jadis. Je ne me rappelle plus comment j'étais entré en contact avec Léon Peters et je lui avais envoyé un texte sur le miracle de la Verge Noire (Des Récollets) à Verviers. Il me semble qu'il n'a jamais été publié et j'ai perdu Léon de vue. Vit-il encore, je n'en sais rien.

Je vais te laisser ici et comme tu dis, à une autre fois, sans doutes.



Georges


PS : Ne t'étonne pas s'il me faut parfois du temps pour répondre. J'ai un tas de trucs à faire et en plus, je dois donner une conférence au MRA en février et je ne suis pas encore sorti de l'auberge.
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MessageSujet: Re: L'axe cassé   L'axe cassé EmptyDim 6 Nov 2011 - 16:58

Bonjour Georges
Merci pour ta réponse . Je vais essayer de ne pas être trop long en raison du "hors sujet". Wink
Ton style et tes tournures de phrases sont bien meilleurs que les miens,surement pour la raison que je suis plutôt autodidacte.
Ce qui est marrant c'est que moi je rédigeaisaussi les lettres des autres matafs destinées aux "nanas" surtout aux "petites Anglaises". Wink
Léon Peters est encore en vie et toujours président de "Temps Jadis" et habite toujours Heusy je n'ai l'ai plus vu depuis plusieures années , mais je dois reprendre contact avec lui au sujet de vieilles photos des ateliers Houget ainsi que de la fonderie et que je viens de retrouver dans une malle.
Bonne fin de journée
Roger
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MessageSujet: Re: L'axe cassé   L'axe cassé EmptyDim 6 Nov 2011 - 18:44

L O excellent article sur "l'axe cassé" un peu comme les récits de Tintin L’Oreille cassée,mais un mot me déroute un peu: adjudant faut-il comprendre "coxw'on"---maitre d'armes?.
Nous attendons impatiemment la suite. Salut L'axe cassé 27274

_________________
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MessageSujet: Adjudent   L'axe cassé EmptyDim 6 Nov 2011 - 21:32

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He oui, il s'agit bien du Coxwain. Mais comme j'étais en conflit permanent, je l'appelais adjudant alors qu'il aurait voulu imposer que tout le monde l'appelle Omer. Alors que je ne suis pas pour le salut à tout bout de champs, il m'arrivais de le saluer le matin en guise de bonjour et ça ne lui plaisait pas du tout.

Comme tu l'as bien connu, je t'enverrai une photo de lui, mais en courrier privé. En ce qui concerne le beau Léon, j'ai gardé avec lui des contacts épisodiques. IL faut dire que j'ai assez souvent navigué avec lui sans presque jamais savoir qu'il était à bord. Ca a commencé sur la M922 puis, sur le Lecointe lors du baroud d'Afrique. Ce n'est que sur l'Eupen que j'ai fait sa connaissance. Il aurait été difficile de ne pas se rendre compte de sa présence quand il y a souvent moins de 15 personnes à bord comme équipage.

Je vais te laisser ici car j'ai encore du pain sur la planche (Un peu comme ceux qui mangent leurs tartine au WC.)

A une autre fois,



Georges
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