3/02/2012
Pas de femme à bord des sous-marins français
Les autres marines s'y mettent. Les futurs sous-marins français seront conçus pour les accueillir. Mais le recrutement de femmes sous-mariniers n'est pas à l'ordre du jour.
La Navy américaine ouvre cette année ses sous-marins nucléaires à des équipages mixtes. La Grande-Bretagne lui emboîtera le pas en 2013. Les femmes plongent déjà depuis quelques années à bord de sous-marins classiques (missions moins longues) en Australie, Canada, Norvège, Suède...
Et en France ? Pas une femme parmi les 2 000 membres d'équipages des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (avec missiles nucléaires), basés à l'Ile-Longue, ou des six sous-marins nucléaires d'attaque (armes conventionnelles) basés à Toulon.
Explication officielle de la Marine : « Nous n'avons pas de besoin urgent en terme de ressources humaines », dit Marc Gander, officier de communication à Brest. Autrement dit, si les autres marines commencent à recruter des femmes, c'est plus par manque de candidats que par soucis d'égalité.
En 1982 déjà, Claude Piéri, commandant de la Force océanique stratégique (Fost) estimait cette féminisation « ni souhaitable, ni envisageable. Nous n'avons aucun problème avec nos équipages, disait-il. Pourquoi vouloir s'en créer, alors que rien ne nous y oblige ».
Autre argument avancé aujourd'hui : le retour sur investissement, après une formation de sous-marinier longue et coûteuse, liée au nucléaire. « Statistiquement, les femmes quittent la Marine au moment où elles deviennent mères, vers 35 ans », selon Marc Gander. « Alors que les gens sont rentables à partir de 30 ans ».
Pulsions incontrôlables ?
Mais le problème central serait la promiscuité, au cours de missions de 45 à 70 jours. La présence de femmes implique des aménagements spécifiques (sanitaires distincts) dans un espace très restreint. Une séparation claire des cabines est aussi de mise. Pas évident, même si les sous-marins nucléaires ont gagné en confort. La pratique de la « bannette chaude » n'existe plus depuis la fin des sous-marins classiques (propulsion diesel). Deux marins se succédaient dans une même couchette. Aujourd'hui, chacun a son lit.
Quand des forums de marins sur internet (voir alabordache.fr) abordent la question de la féminisation des sous-marins, on y parle beaucoup de « pulsions » incontrôlables et même de « paix des hommes ». On y perçoit clairement l'inquiétude des femmes de sous-mariniers. Tous les arguments sont bons. Il a aussi longtemps été question de risques pour la santé d'un éventuel foetus dans un air sans cesse recyclé...
Le même genre de dilemme avait agité la communauté des gardiens de phares dans les années 1990. Mais l'automatisation a clos le débat. La station spatiale internationale accueille des femmes. Idem sur les bases isolées pendant huit mois au milieu de l'Antarctique.
La conception des futurs sous-marins de type Barracuda prévoit des aménagements pour les femmes, au cas où. Ces sous-marins, basés à Toulon, entreront en service à partir de 2017.
Mais, vu du côté français, mettre des femmes dans un sous-marin n'est pas à l'ordre du jour. C'est l'un des derniers bastions réservés aux hommes, alors qu'il y a quelques rares femmes pilotes de chasse et que la Marine compte à bord de ses navires 9 % de femmes.
Source : brest.maville.com
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olivier
Les plus grands ne sont pas ceux qui ne tombent jamais, mais ceux qui se relèvent toujours !
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