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 comment et pourquoi disparut notre seconde marine

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Michel Verheyden
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Localisation : Belgique
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MessageSujet: comment et pourquoi disparut notre seconde marine   Dim 14 Mar 2010 - 8:47

Parler des Torpilleurs et Marins ne peut cacher la manière un peu cavalière qu'un bande de politicien déferont pour la seconde fois notre Marine.


Comment et pourquoi disparut le Corps de Torpilleurs et Marins


Le 9 octobre 1925, après une discussion très approfondie, la commission de la marine militaire, créée par arrêter royal du 26 juin 1924, passe au vote par appel nominal, sur la première question figurant au programme "Nécessité générale d'une défense de la côte belge par le canon, l'hydravion et une marine militaire". La question fut posée de la manière suivante: "Faut-il maintenir les éléments marine militaire existants?"
Le vote donne 24 oui, 2 non et une abstention.

Les deux votes négatifs sont ceux des deux représentants de l'UOM (Union des Officiers et des Mécaniciens de la Marine marchande) l'abstention de monsieur LOUIS FRANCK.

Ce vote fut précédé d'un discours fort bref. Du Lieutenant-Général MAGLISSE, alors chef de l'Etat-Major Général. En voici un court extrait.
"Il est indispensable, dit-il, que l'artillerie ait devant elle une zone de sécurité. Comme cette artillerie doit tirer à grande distance, il faut l'installer le plus près possible de la côte. Dès lors la zone de sécurité ne peut lui être donnée que par des éléments qui se trouvent sur l'eau; ce sont le éléments que nous avons demandés; une flotte composée de petits bâtiments. Ces bâtiments flottants sont indispensable pour assurer la sécurité de notre artillerie qui forme le centre principal de la défense. En ordre subsidiaire, ces bâtiments pourront remplir un ordre tactique dans la bataille en torpillant les bâtiments ennemis…. Ceux qui refusent une marine militaire refusent la défense de la côte".

Parmi les opposants certains diront que "l'hydravion suffit comme éclaireur!" ils oublient naïvement que cet engin est simplement cloué au sol la nuit, par temps de brouillard ou mauvaise visibilité.
Lors d'une des séances se produisit un accident caractéristique qui ne fut malheureusement pas relaté dans le procès verbal. Le Lieutenant-Général KESTENS, alors inspecteur général de l'artillerie, fut amené à dire: "Si vous me refusez les Torpilleurs je vous refuse mon artillerie!"

Sous l'autorité du président LE BARON PIRMEZ une sous-commission spéciale est créée afin de faire un rapport sur les deux dernières questions figurant au programme.
a) Influence générale d'une marine militaire sur le développement de la marine marchande
b) Coordination ou concentration des éléments de marine militaires et civils existants.

Cette sous-commission fut désignée et se composait de six membres, était appelée à recevoir les études et les notes que les membres de la Commission lui feraient parvenir et à formuler ensuite des résolutions qui seraient soumises à l'assemblée générale. Plusieurs rapports lui parvinrent, mais elle ne fut jamais convoquée….

Ce fut dans ces circonstances, qu'un arrêté royal, du 9 juillet 1926 décida la suppression du Corps de Torpilleurs et Marins, à la date du 31 mars 1927.
Un second arrêté royal, en date du 28 juillet 1926, publié au Moniteur du 5 août 1926, n°217, p4164, ordonne la dissolution de la Commission de la marine militaire à la date du 1er août 1926

C'est ainsi que le pavillon militaire belge disparaît des mers à l'heure précise où l'intérêt et la dignité du pays exigent impérieusement sa présence. Curieusement parmi les travaux remis à la sous-commission on trouve un rapport intitulé "l'influence général d'une marine militaire sur le développement de la marine marchande. Dont voici quelques passages des plus intéressants.
"Une marine de l'Etat, une marine militaire, constitue un TOUT absolument compact, dont chaque élément repose sur une méthode unique d'idée et de principes. Les hommes qui s'y enrôlent, dit GEORGES LECOINTE, prennent des habitudes d'ordre, de propreté et de discipline, et fournissent des équipages homogènes. Cette autorité est d'une réelle importance à la mer, où la sécurité de tous exige une abnégation complète de la part du chef et une obéissance passive du côté des subordonnés.

Le capitaine de vaisseau Comte FERDINAND DE BORCHGRAVE D'ALTENA, qui avait fait un long stage dans la marine de guerre française et possédait en cette matière une compétence bien établie, a dit:
Si vous voulez créer une marine de commerce qui puisse lutter avec les autres, il faut commencer par créer une marine d'Etat. Agir autrement, ce ne serait pas sérieux… Nous voulons une marine d'Etat, pourquoi? Parce que nous avons à former des marins et que, sans marine d'Etat nous n'aurons pas d'équipage.

"La marine militaire, dit monsieur VAN MIERLO (ingénieur de l'administration de la marine), par sa nature même, doit former un agent d'expansion à l'étranger; il n'est pas possible qu'une flotte acquière, d'une manière satisfaisante, l'expérience de la navigation et des manœuvres, non plus que la pratique de la mer, sans faire des voyages que le peu d'étendue des côtes belges prolongera forcément à l'étranger…. La création d'une flotte aura pour effet immédiat de montrer le pavillon national dans une foule de ports où il est peu connu"

"Les navires de la marine militaire peuvent encore rendre de grands services aux navires marchands de leur nationalité, en temps de guerre maritime, en les escortants ou en les convoyants, de manières à les soustraire à la visite des navires de guerre des belligérants" "La Belgique a donc un intérêt considérable à être convenablement représentée, par les bâtiments de sa marine militaire, dans cette police de la mer, afin d'en assurer, à la fois, l'impartialité et l'efficacité, au point de vue national

Créée quelques mois après l'armistice de la première guerre mondiale, la marine militaire semble toujours avoir été traitée en parente pauvre par l'autorité militaire supérieure. Insuffisance de crédit, absence de statut régulier, indifférence, pour ne pas dire hostilité à peine déguisée. Combien d'entre eux connaissaient l'œuvre du d'Entrecasteaux, le fonctionnement du Corps de Torpilleurs et Marins?. Combien s'étaient donné la peine de visiter le vieux croiseur français, les torpilleurs, les vedettes et les installations à terre?.
Deux ministres de la Défense Nationale seulement se rendront à bord du d'Entrecasteaux. M.DEVEZE y fait une visite à titre officieux; M.FORTHOMME est le seul ministre qui fera une inspection officielle du d'Entrecasteaux. Seule une visite à titre privé du Lieutenant Général de LONGUEVILLE alors en garnison à Bruges. Il est à noter que le Général 't SEERSTEVENS, inspecteur général de l'artillerie, passe l'inspection du CTM le 25 février 1926. Et c'est tout, la seule marque de l'autorité supérieure militaire était bien l'indifférence absolue!. La commission de la marine militaire elle-même, dont c'était le premier devoir, ne juge pas nécessaire de se rendre à Bruges et de visiter le d'Entrecasteaux.
Chargée d'émettre un avis au sujet du maintien ou de la suppression des éléments de la marine militaire alors existants, la Commission avait l'obligation de se rendre compte de la nature et de la valeur de ceux-ci.
C'est dans ces circonstances que le ministre de la Défense nationale le COMTE DE BROQUEVILLE annonce à la Commission dans une dépêche du 3 janvier 1927, le fait de la suppression du CTM et la dissolution de la Commission de la marine.
"Je me plais, ajoute le ministre, à rendre hommage à la contribution éclairée que, dans un sentiment de patriotisme élevé, chacun a apportée aux débats. Les travaux de la Commission, très remarqués, ont été conservés, dans la pensée qu'ils constitueraient une précieuse documentation pour le jour où, la situation financière du pays le permettant, l'idée de la création d'une marine militaire pourrait être reprise."

Un mot cependant au sujet de l'économie réalisée. Le budget de la Défense Nationale pour 1926 se monte à 550 millions, les crédits affectés au Corps de Torpilleurs et Marins est de 3.900.000 francs. Il est évident que l'économie réelle, résultant de la restitution du d'Entrecasteaux ainsi que de la mission navale française, s'élève à +/- deux millions. Toutefois il faut prendre en considération les cinq ou six cents recrues incorporées annuellement. L'affectation à d'autres unités de ces recrues coûterait au budget la même somme, aucune économie ne sera donc faite de ce côté.
Ce fut le prix à payer, il servira d'épitaphe à cet embryon de marine militaire que certains dévouements avaient réussi à créer, qui méritait mieux que les brèves funérailles que lui firent l'autorité militaire, aidée par une campagne de dénigrement de certains journaux ainsi que de la veulerie de l'opinion publique.


On n'aime pas ce que l'on ne connaît pas.

Michel Verheyden
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