Le rendez-vous des anciens et amis de la Force Navale - Het rendezvous van de oudgedienden en vrienden van de Zeemacht
 
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 D.E.M.S.

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Gérald
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MessageSujet: D.E.M.S.   Sam 6 Sep 2008 - 11:11

Voici une explication afin de faire la différence entre les Belgian Marine et les marins de la ( Belgian Jack ) Royal Navy Section Belge. Les civils et les militaires ou les demis militaires civiles bref, pas simple cette affaire.

Je vais tenter de vous expliquer.

Durant la guerre pour protéger les navires marchands, les Etat-major avaient décidés de les faire escortés par des navires. Mais par manque de moyens, certains convois se retrouvaient seul. Donc, l'idée de les équiper en armement fût mises en place.

Le jour même de la déclaration de guerre, le paquebot Athenia était torpillé sans avertissement en violation des conventions de La Haye.

Très vite, Berlin ordonnera la guerre sous-marine à outrance, car les limitations imposées aux U-Boote seront réduites le 23 septembre 39, puis le 30; Le 2 octobre, liberté entière sera donnée contre les bâtiments occultés et le 17 novembre 39 contre

Citation :
« Tout bâtiment identifiable comme étant hostile »

Le 18 aoüt 40, l'interdiction d'attaquer des paquebots, qui avait suivi l'incident de l'Athenia tombera à son tour.

La Grande-Bretagne se mit en devoir d'équiper défensivement ses navires de commerce.
Elle avait à en armer d'urgence 5.500 dont 3.000 océaniques.
A la fin de 1940, 3.400 seraient pourvus de pièces d'artillerie.

Elle fit feu de tout bois, utilisant les canons des navires de guerre désarmés, empruntant de vieilles pièces de l'armée, en attendant qu'arrivent les 1.500 oerlinkons de 20mm AA commandés et qui ne viendront qu'à partir de la fin de 1940.

Oerlikon 20mm


Pour manoevrer ces pièces, il fallait beaucoup de main d'oeuvre en hommes.
Un

Citation :
« Maritime Regiment of Royal Artillery »

fut spécialement crée, de même qu'un commandement chargé des problèmes des

Citation :
« Defensively Equipped Merchant Ship »
( D.E.M.S. )

tâche confiée à l'amiral Dreyer

Citation :
« Inspector of Merchant Navy Gunnery »

Les réservistes de la Navy et des Royal Marines fournirent les premiers servants embarqués à bord de navires marchands.

Après quoi, l'Amirauté commença à former 24.000 canonniers et veilla à faire donner une instruction d'artillerie à quelque 150.000 hommes de la marine marchande.

En mai 40, la plupart des navires de commerce belges rallient l'Angleterre. Ils vont se trouver englobés dans le système de transports maritimes alliés.

Le 27 juin 40, le Maria-Pia en cours d'armement réclame 2 canonniers. Les autorités belges de Londres vont s'occuper très activement de résoudre ce problème.

Le 2 août 40, le commandant Boel écrit au colonel Wouters, attaché militaire à Londres :
Boel écrit :
Citation :
« Je vous ai exposé que l'Amirauté britannique était disposée à munir les navires de pièces d'artillerie à la condition qu'il soit certain que celles-çi soient utilisées en cas de nécessité. Il y a donc lieu d'examiner si les autorités militaires belges peuvent, soit fournir un nombre suffisant d'artilleurs en vue de diriger les pièces, soit de fournir les instructeurs nécessaires pour apprendre aux équipages leur maniement. »

Le lendemain, le colonel Wouters marque son accord. Il va céder le nombre de militaires nécessaire, dont l'instruction sera assurée par l'Amrauté, selon un accord passé avec le capitaine de vaisseau Pollis.

Wouters répond :
Citation :
« Quatre volontaires quitteront Temby aujourd'hui ( 3 août 40 ) pour Eaton Square à Londres, si le nombre d'artilleurs pouvait être prévu, nous lancerions un nouvel appel à Temby avant que le camp soit dissous. »

Le 4 août 40, les premiers volontaires se présentent chez le commandant Boel au 37, Eaton Square. Ils sont aussitôt expédiés aux navires Indier et Emile-Francqui de la Compagnie Maritime Belge ( C.M.B. ).

Le 10 août, il en arrive 4 autres? 2 le 12 août, le 4 septembre encore 6, dont 2 marins.

Le 6 septembre 40, l'Elisabethville en cours d'équipement à Barry dock réclame des canonniers, imité le 10 septembre par les caboteurs Marie et Vae-Victis.
Elisabethville

Vae-Victis


Le Directeur de la Marine dispose de 22 canonniers mais le programme d'armement des navires se poursuit à vive allure.
Les canonniers dépendent directement d'Eaton Square où ils doivent se rendre entre 2 affectations. A peine rentrés au port, ils mettent leur sac sur un autre navire. Pourtant, leur formation est nettement insuffisante. Il n'y a que quelques artilleurs parmi eux. La plupart proviennent du génie, du corp des transports, des chasseurs à pied, des lanciers. Dés le 26 aoùut, le commandant Boel se plaint que la plupart des hommes qu'on lui a cédés n'ont jamais vu un canon de leur vie.

Le colonel Wouters fait demander au capitaine de vaisseau Selby qu'on leur donne une instruction d'artillerie.

En attendant, la marine réclame encore et encore des hommes. Le colonel Wouters s'inquiète.

Le 11 septembre, il propose de mobiliser les marins en âge de milice, de les incorporéer à l'armée et de les rendre à leurs navires comme canonniers après les avoir entraînés.

A ce moment, on place des pièces à bord de 12 navires belges. M. Lesure ne voit pas la possibilité d'enlever des hommes aux navires, mais suggère le rappel des agents de la marine de l'Etat. Aussi, le 16 septembre 40, le colonel Wouters envoie-t-il une dépêche aux capitaines des malles réunies à Southampton : 21 marins de l'Etat en sursis d'appel et qui ne navigue pas sont appelés sous les armes.

Entre-temps, le problème de la formation des canonniers trouve une solution.

En octobre, on nomme le Lt David, ancien du corp des torpilleur et marins, qui était instructeur d'artillerie en 1939 à l'Ecole de marine, avant de s'en occuper.

Le 1 novembre, il arrive à Liverpool avec l'adjoint qu'il a choisi, J. Corneau, un quartier-maître du garde pêche Zinnia. A South House dock, ils embarquent à bord du croiseur hors d'âge LE HMS Eaglet. Ce navire sert à la fois de centre d'instruction de la RNVR Mersey division et de centre administratif pour les escorteurs basés à Liverpool. Un département de cette vaste école flottante est consacré à l'entrainement du personnel D.E.M.S., aux ordres du capitaine de corvette RN Healy, quin rappelera avec plaisir qu'il servit en 14-18 à bord du croiseur où le prince Charles de Belgique était midship.

La division belge D.E.M.S. Débute dés la fin de novembre 40. Une Douzaine de vieux chauffeurs et de têtes dures, que les capitaines trouvent sans doute indésirables, se présentent pour suivre les cours.

Désormais, l'école fonctionnera sana interruption jusqu'en juillet 45. Les matelots passent 6 semaines à se familiariser avec les canons de 4 pouces, les oerlikons, les mitailleuses Lewis, Hotchkiss, Marlin, Brouwning, les munitions les plus diverses.

Logeant en ville, les élèves reçoivent leurs cours à bord. A partir de 1941, du matériel d'artillerie et du matériel didactique modernes sont fournis à l'école. Les hommes peuvent passer au dôme, où des avions apparaissent sur un écran et foncent vers la mitailleuse électrique qui les vise; ils pratiquent le «  Miniature tracer range » qui permet le tir sur des maquettes mouvantes, tandis qu'au fort Crosby, en dehors de la ville, un stand de tir permet les tirs réels.

Les instructeurs des divisions belges, anglaises et hollandaises de l'HMS Eaglet s'y livrent à de vives compétitions.
A côté de cette tâche principale, la division belge forme accessoirement des aides-canonniers, marins marchands effectuant un séjour éclair de 2 jours, tandis que des officiers reçoivent en 8 jours les cours qui en font les Control Officers dont dépendront les canonniers du bord.

En 1941, les autorités se préoccupent de créer un dépôt des canonniers, Jusqu'alors, entre chaque embarquement, ils ont été mis à la disposition d'abord de la direction, puis des commissaires maritimes, système éminemment peu pratique. On d écide donc de créer un dépôt central.

Le 6 décembre, le major Lejeune communique à M. Van Campenhout ( Chef de cabinet des Affaires économiques ) un projet de constitution d'une compagnie de dépôt des canonniers de marine qui prendra en force les militaires destinés à devenir canonniers de marine.

Ceux-çi seront détachés à la demande du ministre des Affaires économiques sur les navires battant pavillon belge.

Ils recevront les mêmes soldes et indemnités que les effectifs des forces de terre mais seront soumis à la discipline du bord.

En attendant, l'armée incorpore aux forces de terres les pêcheurs rappelés, se réservant de les affecter ultérieurement au sevice D.E.M.S..

La marine suggére le 17 décembre que l'école de canonniers se mette à la disposition de la compagnie à former pour l'instruction sécialisée.

Cependant, comme l'armée n'a pas sous la main l'officier nécessaire pour commander cette nouvelle unité, le ministre de la Défense envoie les marins mobilisés aux forces de terre à Malvern. Ils restent néanmoins groupés.

Les besoins en hommes se font d'autant plus pressants que les pertes sont sensibles.
L'amiral Dickens demande un supplément de 150 hommes. Mais le ministre Gutt répond personnellement qu'il est actuellement absolument impossible de détacher 150 soldats de l'armée.

Le 29 décembre 41, enfin, M. Van Campenhout donne les ordres nécessaires pour l'installation de la compagnie de dépôt à Liverpool, HMS Eaglet.

Entre 2 voyages, les canonniers rejoindront Eaglet. Pendant leur temps à terre, ils bénéficieront de la même indemnité de chômage que les marins civils, mais ils suivront des cours pour s'entraîner et se familiariser avec les nouvelles armes.

A partir de février 42, le commandant David se consacre entièrement aux tâches d'organisation et de contrôle, s'occupant des inventaires à bord des bâtiments belges, inspectant ceux-çi ainsi que les chalutiers belges de Fleetwood qui prtatiquent la pêche en Islande et qui pour cela ont reçu huit canonniers et du matériel.

De nouveaux instructeurs l'aident, maintenant que la division est devenue importante : Lt Andries, ancien premier officier du Maria-Pia et diplômé de l'école de marine; De Langhe, pilote de l'Escaut; Vercknoke, maître d'équipage de la marine de l'Etat.

A partir de 1942, les canonniers vont recevoir un uniforme afin de régulariser leur situation vis-à-vis de la Royal Navy dont les officiers D.E.M.S. Refusent parfois d'admettre que les navires belges armés possédent des équipages réguliers.

Désormais, ils porteront la tenue de la Royal Navy, avec la mention

« Belgium »

sur l'épaule et ( voir photo çi-dessus )

"Belgian Marine" sur le ruban du béret.



!!!!!! Les marins de la Royal Navy Section Belge portent sur le béret,!!!!!!!!!

« HMS » et le nom d'unité. Ex : HMS Godetia.



Leur statut devient tout à fait hybride. Ils sont assurés contre les risques en mer comme les marins marchands, reçoivent la solde de matelots plus un léger supplément, sont payés par le capitaine mais celui-çi récupère leurs soldes auprès de la direction de la marine. Ils sont en outre assurés pour les risques de guerre au même titre que des soldats.

En tout cas, ces étranges équipes composées de civils, de soldats et d'agent de l'Etat, habillés et instruits par la Royal Navy, naviguèrent sur tous les océans à bord des navires de commercs belges. Ils étaient du sans l'être.

Embarqués par équipes d'une 10aine, ils couraient le quart 3 par 3, 1 à l'avant et 2 à l'arrière.
Ils vaquaient en outre à l'entretien de leur matériel, généralement à partir de 1943, un 102mm à l'arrière et un 40mm et 6 oerlikons à l'avant.

Il y avait de tout dans ces canonniers, des braves gens et de moins braves. Au début de 1943, Eaglet vit passer une 60 aine de légionnaires belges, récupérés en Afrique, qui se révêlèrent des soldats remarquables, extraordinairement disciplinés, courageux en diable et dont beaucoup allaient couler avec leur navire.

Leur utilités ne tarda pas à se manifester en toutes circonstances. Les navires isolés purent se défendre contre les sous-marins, comme le Kabalo l'a fait avant d'être détruit, et plus tard le Persier dont les canonniers furent hachés à leur pièces. Ils furent surtout à même de repousser les attaques aériennes.

Le Jean-Jadot remporta plusieurs victoires à Alger, et le Marie-Flore sur la côte est de l'Angleterre.

En convoi, leurs pièces servaient contre les U-Boote qui attaquant en meute, profitaient de leur supériorité numérique pour s'infilter entre les files du convoi; la rencontre d'un cargo armé et décidé les forçait à battre en retraite ou les empêchait d'exploiter un avantage, surtout leur feu se mêlait aux barrages de D.C.A. Opposés aux avions ennemis.

Tel fut le rôle de centaines de belges qui firent la guerre comme des marins militaires au milieu de marins civils.

Leur histoire participe de celle de la marine de guerre et de celle de la marine marchande, toutes deux indissolublement liées dans les mêmes périls.
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MessageSujet: Re: D.E.M.S.   Lun 8 Sep 2008 - 14:34

CDTA961 a écrit:
Le Jean-Jadot remporta plusieurs victoires à Alger, et le Marie-Flore sur la côte est de l'Angleterre.

tu pourrais me donner la référence de la citation pour le Jean Jadot?
Comme c'est un des cargos de mon grand-père et que je suis occupé à retracer son destin naval (j'ai la liste de ses convois jusqu'à son torpillage près d'Alger), ça m'aiderait, merci
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